Hélène Prouget assiste son mari Jacques dans la production de santons, à Saint-Guilhem-le-Désert. Ils font partie des rares rescapés de la toute première édition du marché de Noël de Montpellier.

Derrière son stand situé à l’entrée du marché de Noël, Hélène Prouget est intarissable quand il s’agit d’évoquer les santons créés par son mari Jacques. À 73 ans, celui-ci continue d’en créer sans relâche à Saint-Guilhem-le-Désert.

« Tous les ans, mon mari réalise une grande crèche que nous offrons à la ville de Montpellier », explique Hélène. Exposée à l’entrée du marché, derrière une grande vitrine, elle fait l’admiration des visiteurs.

Le couple fait partie des pionniers ayant participé à la toute première édition du marché de Noël, en 2002, sur la Comédie. « La Ville avait demandé à mon mari de participer en tant que santonnier », rappelle-t-elle.

C’est à la fin des années 90 que Jacques, baron de Caravètes (depuis onze générations), s’est lancé dans la création de santons. « Il les fait tous, et les décors aussi. Tout est en argile. On crée le modèle, on fait un moule. Sorti du moule, il y a un gros travail de finition. Il y a beaucoup de plis, de détails, ce n’est jamais deux fois la même pièce. »

Leur particularité, c’est qu’elles n’ont pas de socle, ce qui demande un travail encore plus fin…

« Un santon de base coûte 16 euros, une bergerie, c’est 140 euros. Il y a tous les prix », précise Hélène, qui aide son mari à peindre les santons.

Au début des années 2000, le choix était plus limité. « Notre production était assez restreinte à l’époque, et on était deux artisans dans le même chalet lors du premier marché de Noël, mais le public avait répondu présent dès la première édition, et on est toujours revenus depuis », souligne Hélène.

« Faire une crèche, ça prend parfois une vie »

Plus tard, le rendez-vous a déménagé sur l’esplanade puis au Peyrou. « Ici, c’est beaucoup mieux. On craignait de venir au départ, on avait peur que les gens ne viennent pas. Et en fait, c’est le contraire. Il y a encore plus de monde, mais c’est aussi plus sécurisant. À part quand il y a du vent, et donc de la poussière, comme l’an dernier où on a fermé deux fois, tout est parfait. »

« C’est la passion de la crèche qui nous a conduits à créer des santons. Les gens agrandissent leur crèche chaque année. Ça prend parfois toute une vie. Des clients ont tellement de santons qu’ils n’ont pas la place de tous les mettre. Du coup, ils font des crèches thématiques. »

Et à ceux qui pensent que les santons sont aujourd’hui passés de mode, Hélène apporte un démenti formel. « Depuis quelques années, beaucoup de couples de jeunes démarrent une crèche. C’est important de marquer nos racines, nos origines. »