l’essentiel
Après la défaite à Glasgow samedi 13 décembre, à l’occasion de la 2e journée de Champions Cup (21-28), le manager stadiste regrettait les occasions gâchées et l’apport insuffisant de son banc.

Au vu du scénario du match, on imagine qu’il y a beaucoup de regrets, non ?

Oui, il y a évidemment beaucoup d’occasions en première mi-temps qu’on laisse quand j’ai l’impression que Glasgow fait quand même carton plein ou pas loin sur la seconde mi-temps. Donc l’essai refusé à la dernière minute de la première mi-temps coûte cher au regard de l’atterrissage du score. Après, jusqu’à la cinquantième, sincèrement, on est vraiment dans le match et on sent qu’ils doutent. On a même cette occasion à 21-7, avec Antoine (Dupont) et Blair (Kinghorn) où ils hésitent l’un et l’autre, et au final, on perd le ballon sur le ruck qui suit. On perd quand même pas mal de ballons sur les zones d’affrontement. Notre banc n’a pas amené ce qu’on souhaitait qu’il amène, ça c’est évident, notamment sur la puissance. Le déplacement à la fin était du côté de Glasgow et on a subi, donc bravo à eux. Je ne vous les survendais pas, c’est une très bonne équipe et il n’y a pas eu un assez bon Stade Toulousain pour revenir avec la victoire.

Vent dans le dos, les Écossais vous ont fait subir en seconde période ce que vous leur aviez fait subir en première…

Oui, les conditions, elles étaient à sens unique. On savait qu’il y aurait une mi-temps chacun. Après, l’idée, c’était quand même d’être en mesure de prendre le plus de points possible pour essayer de marquer. Je pensais sincèrement qu’on aurait l’occasion de marquer en seconde mi-temps. Et on les a eues une paire de fois. Après, on a deux ballons perdus sur deux breaks à des moments importants. Comme ça à chaud, j’ai la sensation qu’on n’a pas trouvé les solutions défensives et que nos rentrants ne nous ont pas apporté ce qu’ils étaient en mesure de faire normalement, en tout cas sur le papier. Donc la stratégie n’est pas payante. Et après, on tombe sur une très bonne équipe. Quand elle met son rugby en place, c’est dur de récupérer. Je pense qu’il y a beaucoup de joueurs qui se sont énormément envoyés, mais ça ne paye pas. Et je vous dis, je pense qu’on a huit entrées dans les derniers mètres en première mi-temps et on ne marque malgré tout que trois fois. Et je pense que c’est trop peu au regard de la domination de la première mi-temps quand eux, en seconde mi-temps, ne font pas carton plein mais pas loin sur leurs actions.

Est-ce difficile d’imaginer une seconde mi-temps comme ça ?

Non, on était très prudents à la mi-temps. C’est d’ailleurs ce qu’on leur a dit et je pense qu’il y a un bon retour de mi-temps. Jusqu’à la cinquantième, jusqu’à cet essai, on est dans les clous et on se laisse un peu déborder à ce moment-là. On pense que le coaching va nous amener vraiment une plus-value et malheureusement, ça n’a pas été le cas. Et c’est à ce moment-là qu’on sombre. On passe 10 minutes, un quart d’heure, où on est pris sur tous les assauts de Glasgow et on ne trouve pas la solution. C’est une campagne européenne qu’on savait dure au regard de la poule que l’on avait et des déplacements, notamment à Glasgow et aux Saracens. On a déjà laissé pas mal de points ici. Il faudra être en mesure de gagner les deux prochains rounds pour pouvoir exister et voir le tableau dans lequel on va tomber.

Cela risque désormais d’être compliqué pour la première place générale…

Oui, parce qu’il y aura des poules à quatre victoires. Et puis Glasgow, honnêtement, a les cartes en main aujourd’hui. On voit que dans la poule, il y a des équipes qui ont déjà lâché (Clermont, NDLR). Donc nous, on va essayer de s’accrocher et puis essayer surtout de trouver des solutions pour ne pas se retrouver à mal aussi facilement défensivement que ça a pu être le cas sur la seconde mi-temps. Et encore une fois, on n’a pas l’habitude trop souvent d’avoir des situations d’équipes qui tiennent le ballon autant ou aussi intensément.

Vos adversaires vous ont aussi beaucoup gêné sur vos lancements après touche…

On a essayé de varier parce qu’on savait qu’ils étaient plutôt performants sur leur défense de ballons portés. On pensait qu’ils nous amèneraient à plus de rotation pour pouvoir enclencher ces ballons portés. On n’a pas réussi à les enclencher. On était assez convaincus que le banc nous amènerait une solution sur ça. Malheureusement, on a très peu de situations de pouvoir faire de ballons portés à ce moment-là. Donc c’est un coup d’arrêt parce que sincèrement il y avait la place pour le gagner. Mais encore une fois, il faut reconnaître quand une équipe joue bien face à toi. Je pense qu’on a eu un très bon Glasgow ce soir et pas un assez bon Stade Toulousain pour gagner à l’extérieur.

Cela complique le printemps ?

Pour le Champions Cup, on va prendre le temps. Là, on a un triptyque avec deux déplacements à Lyon et Perpignan, et La Rochelle qui nous préoccupe aussi. Donc je pense qu’on va se recentrer sur cette période délicate du Boxing Day. Et puis on repensera à la Champions Cup dès notre déplacement aux Saracens. Qui dans tous les cas ressemblera peu pour point à ce genre de rencontre.