Par Noëlle
Binet

Publié le 14 Déc 2025 à
07:30

Beaucoup l’ignorent mais mélanger
certains aliments et médicaments peut poser problème… Voici
pourquoi !

Une liste noire qui fait grand bruit. Comme tous les ans, la
revue médicale indépendante Prescrire a dévoilé celle des
médicaments autorisés sur le marché européen qui seraient toutefois
à éviter, et plusieurs médias l »ont relayée à l’instar de La
Dépêche. Selon son bilan annuel de 2025, d’innombrables
traitements seraient à ce jour « plus dangereux
qu’utiles ».

Maxilase, Specta et Voltarène… Ces médicaments pointés du doigt par
la revue Prescrire

À l’instar du Maxilase, connu pour traiter les maux de gorge
mais qui semble exposer les consommateurs à « des troubles
cutanés ou allergiques parfois graves » ou même le Voltarène
qui tend à soulager les douleurs musculaires, mais qui présenterait
des risques « d’effets indésirables cardiovasculaires ».
Sans oublier le Smecta souvent utilisé pour apaiser les brûlures
intestinales, désormais pointé pour un risque de contamination au
plomb. Si Prescrire a décidé de nous alerter à leur sujet,
son objectif premier est d’aiguiller chaque citoyen à
« choisir
des soins de qualité
 » tout en évitant les « dommages
disproportionnés pour les patientes et patients ».

Des effets
secondaires qui furent longtemps méconnus

Pour son 14ᵉ bilan annuel, la rédaction de
Prescrire a listé pas moins de 108 médicaments
proposés en Europe, et naturellement en France, qu’elle conseille à
présent d’éviter pour « mieux » se soigner. Selon nos
confrères
, près de 90 ayant bénéficié d’une autorisation
de mise sur le marché (AMM) français présenteraient toutefois une
« balance bénéfices-risques défavorable dans toutes les
situations cliniques figurant dans l’AMM ». De quoi interpeller
! « Chez les patients concernés, quand un traitement
médicamenteux paraît souhaitable, d’autres options thérapeutiques
ont une meilleure balance que ces médicaments à écarter »,
apprend-on. « Dans certaines situations, l’option la plus
prudente est de ne pas recourir à un médicament ».

Attention à certaines combinaisons aliments-médicaments

Prescrire a également ajouté quatre nouveaux
médicaments dans sa liste noire, notamment l’andexanet alfa, la
chondroïtine, le fézolinétant, ou encore le géfapixant. En
novembre, en s’appuyant sur les connaissances du docteur Kierzek,
les équipes de
France Bleu
s’étaient intéressées de près aux aliments qui
influenceraient l’action des médicaments. En effet, certaines
associations pourraient réduire l’efficacité de certains
traitements ou à contrario renforcer leurs effets. Toujours selon
nos confrères, les coagulants de type AVK comme l’acénocoumarol ou
la warfarine peuvent être influencés par la vitamine K, qui se
trouve dans les choux, les salades ou même les épinards. Selon la
quantité consommée, elle peut augmenter ou diminuer l’effet d’un
traitement.

Une vigilance requise : tournez-vous vers des professionnels de la
santé en cas de doute

D’après le spécialiste, il est important de garder un certain
équilibre quant à votre consommation, qui peut varier d’une semaine
à l’autre. À savoir que si votre alimentation est trop salée, elle
peut également réduire l’efficacité de vos médicaments. Pour
rappel, la limite quotidienne recommandée de sel est d’ailleurs de
5g. De son côté, en bloquant une enzyme intestinale, le
pamplemousse peut augmenter l’absorption de certains traitements
comme les statines, ce qui peut être aussi dommageable pour vos
muscles et votre foie. Idem pour les anxiolytiques et
immunosuppresseurs. Et pour finir, l’alcool peut renforcer l’effet
des anxiolytiques, somnifères, antidouleurs, antidiabétiques et
antidépresseurs. Avec l’aspirine et anti-inflammatoires, il
augmente aussi le risque de saignement. Pour plus d’informations
complémentaires, il est impératif de vous tourner vers des
spécialistes de la santé.