Melvin, 19 ans, comparaissait pour plusieurs tentatives de vol avec dégradation, en comparution immédiate, devant le tribunal judiciaire de Montpellier, le 5 décembre dernier.
En une semaine, du 22 au 29 novembre, Kevin, sans domicile fixe, a cassé les vitres ou fracturer les serrures d’une vingtaine de véhicules garés dans le parking d’une résidence à Montpellier pour s’emparer de tout ce qui pouvait avoir une valeur marchande : argent, carte bleue, trousseaux de clés, lunettes, montres, vêtements, denrées alimentaires… « Pourquoi avez-vous commis ces faits ? », l’interroge la présidente du tribunal judiciaire de Montpellier, Alix Fredon, le 5 décembre dernier. « Je l’ai fait pour manger », répond Kevin, avant de baisser la tête.
Des faits qui lui ont valu d’être placé en détention provisoire immédiatement, car il fait déjà l’objet d’une CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité) pour le même type d’infractions commises à Avignon en septembre dernier. Identifié par vidéosurveillance et par ses empreintes, il a été interpellé le 1er décembre, puis placé en hôpital psychiatrique avant d’être envoyé en détention. À son casier, deux condamnations, l’une du tribunal pour enfants pour vol et conduite sans permis, la deuxième pour vol et tentative d’effraction dans un entrepôt à Avignon.
Une vie difficile
Même si les difficultés traversées par le prévenu n’excusent rien, son parcours de vie éclaire bien des aspects de ses actes. Placé dès l’âge de 6 mois et jusqu’à ses 18 ans, il est passé d’un foyer à l’autre jusqu’à ce que sa majorité, on le fiche dehors. Depuis, il survit comme il peut dans la rue, tout en essayant de s’en sortir. Il vient d’ailleurs de trouver un foyer d’urgence qui veut bien l’accueillir et cherche activement du travail.
Aussi la procureure, Estelle Bois, pense qu’il est « rattrapable. Il se sent perdu et demande qu’on l’accompagne pour avoir un cadre. Il est d’une extrême jeunesse et je pense qu’il est encore temps de le sortir de la spirale de la délinquance dans laquelle il commence à entrer », déroule-t-elle. Et de requérir un passage en détention pour quelque temps suivi d’une peine aménagée, soit 18 mois de prison, dont 8 en sursis probatoire de deux ans, une obligation de soins psychologiques et l’obligation de travailler.
« C’est un gamin qui a de la ressource, il peut s’en sortir. Je vous demande de lui laisser une chance. Il faut néanmoins, comme le dit madame la procureure, qu’il ait un cadre. Une peine aménagée peut être la solution », plaide son avocate, Me Céline Thil. Et de demander un renvoi sur intérêt civil pour les dommages et intérêts des victimes qui n’ont pas pu toutes être contactées.
Le tribunal a rendu sa décision dans le même sens en condamnant Kevin à 15 mois de prison, dont 9 mois en sursis probatoire renforcé de 2 ans, avec obligation de soins et de travail. Il a aussi préconisé sur les 15 mois de prison, un aménagement de peine. « C’est un pari qu’on fait », conclut la présidente. Il n’aura pas une seconde chance.