Vin chaud

À Strasbourg, le prix du vin chaud oscille entre 3 € à 7 € avec une majorité de stands qui affichent 5 €. C’est ce que qu’a dépensé Marie, de passage dans la ville : « Consigne comprise. C’est certain que ce n’est pas super accessible mais on paie ‘’le marché de Noël’’», estime-t-elle, devant ce stand pris d’assaut de la place Broglie.

À Colmar, le tarif est quasiment partout à 4 €. Un peu moins (3,50 €) chez Sandra Better, qui tient un stand de gastronomie Grand-rue : « J’ai gardé les mêmes prix que l’an dernier pour les boissons (3,50 euros), car le prix de location des cabanons n’a pas augmenté. Donc je ne vois pas pourquoi j’augmenterai les prix des boissons. »

Saucisses

À Strasbourg, on trouve des saucisses à 4 €, mais ça peut monter jusqu’à 12 €  ! La saucisse blanche s’affiche principalement à 9 €. À Colmar, les knacks atteignent 6 €, place Rapp. Et place des Dominicains, le hot-dog (servi par une vendeuse en coiffe d’Alsacienne, certes) est à 8 €. Avec de la choucroute et du munster, on monte à 12 €. De quoi susciter une soupe à la grimace.

Tartes et baguettes flambées

Autres produits emblématiques : les tartes et les baguettes flambées. Sur les deux sites, les prix tournent autour de 7 € la baguette nature (9 € gratinée) et 10-11 € la tarte flambée nature (et jusqu’à 18 € une tarte flambée au munster dégustée à Strasbourg, indiquait un couple de touristes rencontré à Colmar).





Un couple de touristes se partage une tarte flambée sur le marché de Noël de Colmar, le 14 décembre 2025.   Photo Vincent Voegtlin

Un couple de touristes se partage une tarte flambée sur le marché de Noël de Colmar, le 14 décembre 2025.   Photo Vincent Voegtlin

À Colmar, justement, il faut débourser 14 € pour la même flammekueche gratinée, au pied de la grande roue. Et cet étonnant constat : il est parfois plus cher de manger une tarte flambée debout aux cabanons qu’assis dans certains restaurants alentour où l’on peut en plus s’abriter du froid. Mais il faut faire la queue.

Galette, spaetzle, poêlées…

De l’avis de nombreux interlocuteurs, les principaux « abus » en termes de prix concernent les plats de résistance. Et c’est quand arrive l’heure de vraiment se remplir l’estomac que l’addition devient salée, notamment à Strasbourg où on trouve des plats de choucroute et spaetzle à 20 €. « Cela m’a coûté 18 euros, lâche Romela devant son assiette (en plastique) de choucroute. C’est vrai que c’est cher mais bon… c’est Noël » ajoute notre touriste parisienne.





À Strasbourg, le prix de certaines poêlées est gratiné.   Photo David Geiss

À Strasbourg, le prix de certaines poêlées est gratiné.   Photo David Geiss

Sur ce type de produits, les tarifs sont plus accessibles à Colmar : 9 € et 11 € les spaetzle, munstiflette et autres poêlées de choucroute. La barquette choucroute saucisse est à 13 €. Mais le moins cher est Baradel, place Jeanne-d’Arc qui fait sa poêlée chou-spaetzle-lardons à 6 € les 360 g.

Sucré

À Strasbourg, les petites douceurs sont jugées « abordables » : la pomme d’amour, un peu partout, tourne autour de 3 euros. Mireille a acheté son pain d’épice à 15 € euros : « ça paraît beaucoup, mais c’est pour quatre personnes ! », a précisé la vendeuse. Un peu plus loin un retraité déguste des barbes à papa avec ses deux petits enfants. À quel prix ? « Neuf euros les trois, ce n’est franchement pas excessif. D’autant que je trouve que le marché de Noël cette année est plus agréable. Il y a plus d’espace, on se déplace mieux » explique notre papi pas râleur pour un sou.

À Colmar, crêpes et gaufres sont vendues entre 3 et 5 €. Pour d’autres produits plus « tendance », le visiteur paye aussi l’effet de mode : les fruits frais enrobés de chocolat en brochette sont à 6,50 € (cinq fraises choco en brochette). Les fraises à la pistache « façon Dubaï » atteignent même les 9 €.

Des touristes plutôt conciliants

Maryse et Christelle venues du Mans (« Le pays des rillettes ! ») s’amusent à comparer Colmar et Strasbourg : « Les boissons, vin chaud, jus ne sont pas chers. Mais les charcuteries sont hors de prix. On a vu à Colmar trois saucissons à 20 €, c’est de l’hallucination. À Strasbourg, les bretzels sont autour de 3-4 €, certains les font à 5 €. Je comprends qu’ils doivent payer le stand mais certains nous prennent pour des Américains, j’ai l’impression. On a payé le petit cornet de marrons chauds 4 € à Strasbourg, il devait y en avoir quatre dedans. Et les baguettes flambées à 9 €, je trouve ça onéreux. » Elles jugent en revanche l’ambiance « super », les gens « accueillants » et en prennent « plein des yeux » depuis qu’elles sont arrivées. « On sent la bienveillance et la bonne humeur ».

D’autres encore y trouvent leur compte, comme ces Autrichiens rencontrés à Colmar : « Le vin chaud est moins cher que chez nous, où il est facilement à 5 ou 6 €. Et les tartes flambées sont très bonnes ».





À Colmar, ces Autrichiens dégustent des tartes flambées (très bonnes, selon eux) place des Dominicains. Ils trouvent les prix « moins chers qu’en Autriche ».   Photo Marie-Lise Perrin

À Colmar, ces Autrichiens dégustent des tartes flambées (très bonnes, selon eux) place des Dominicains. Ils trouvent les prix « moins chers qu’en Autriche ».   Photo Marie-Lise Perrin

L’avis des commerçants

Forcément, les commerçants justifient leur tarif  : « On paie 1 000 € pour l’emplacement. Cela couvre les frais communs comme la sécurité, les illuminations ou encore les toilettes… Des toilettes sèches pas bien pratiques par ce temps-là qui s’élèvent à 103 euros… », rouspète Claudine, fidèle vendeuse de vin chaud et autres gâteries de la place Broglie qui regrette aussi que ce marché soit devenu « une foire à la saucisse ».

À Colmar, Anthony Baradel, place Jeanne d’Arc, ne veut pas trop augmenter les prix : « On n’est pas des voleurs, on veut travailler toute l’année ». Il remarque surtout que « le pouvoir d’achat est entamé » chez ses clients. « On doit couper des sandwichs en deux, cela n’arrivait pas avant. Et on a épuisé deux fois plus de fourchettes que de baguettes. Les gens mangent à plusieurs ».