Par
Emilien Jacques
Publié le
14 déc. 2025 à 22h28
Le coup de gueule poussé par François Duboc sur les réseaux sociaux ressemble à une bouteille à la mer. Ce riverain de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Maritime) vit dans la maison en face de l’un des plus grands boulodromes de France et rencontre des difficultés à rentrer chez lui lorsque des manifestations sportives s’y tiennent. D’autant plus qu’il est atteint d’un handicap moteur. Il alerte aujourd’hui sur la situation.
Un voisin envahissant
C’est la maison de son enfance et inutile de dire que François Duboc y est attaché et qu’il souhaite la quitter le plus tard possible. Il était donc là bien avant la construction de l’Espace Henri-Salvador en 2008, qui abrite le boulodrome de la commune.
Un bâtiment séparé de son domicile par la rue aux Thuilliers, où les places de stationnement qui la longent sont prises d’assaut par les nombreux visiteurs qui se rendent aux tournois de boules régionaux organisés par le club.
Problème : la place qu’a toujours utilisée François Duboc, créée des années auparavant, n’est pas épargnée par les automobilistes chez qui il n’observe pas une grande courtoisie : « Si on compte sur la civilité des gens, on est déçu. »
Impossible de stationner
De cette civilité, l’homme de 78 ans en aurait fort besoin, lors des grands évènements au boulodrome, qui surviennent régulièrement. Ces jours-là, il doit s’arrêter au milieu de la route et bloquer la circulation pour pouvoir immobiliser son véhicule en face de chez lui, le temps d’ouvrir manuellement son portail et de rentrer dans la cour.

Il arrive même parfois que des automobilistes stationnent sur l’accotement en herbe le long de chez François Duboc. ©Emilien Jacques
« Hors de question que je me gare à 150 mètres de chez moi pour ouvrir mon portail », déclare-t-il, alors qu’il rappelle être difficilement autonome à cause d’un genou défaillant, qui l’oblige à marcher, péniblement, avec une canne.
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C’est déjà arrivé qu’on se gare en partie devant mon portail. Là, je ne peux plus même plus entrer ou sortir de chez moi.
François Duboc
Et quand ce ne sont pas les usagers du boulodrome qui obstruent l’accès, ce sont les poids lourds qui profitent de cet espace le long de la route.
Quelles solutions ?
« La dernière fois j’étais excédé, j’ai vraiment eu un coup de gueule. » Un ras-le-bol accentué par l’absence d’initiatives, selon lui, de la part du club de pétanque ou de la mairie pour arranger la situation. Exprimer son mécontentement reste vain. « Ça ne mène à rien, ça ne débouche sur rien de concret », déplore François Duboc.
Pourtant, il se rappelle, à la création du boulodrome, avoir eu des échanges cordiaux avec les dirigeants du club, qui avaient même installé un panneau « Défense de stationner » sur la place de parking en face de son portail. Il n’est resté que quelques mois. « Je suis à peu près persuadé qu’ils l’ont enlevé, ça leur fait des places de stationnement supplémentaires… », songe-t-il.
Aujourd’hui, la communication est rompue avec le club de pétanque, comme avec la municipalité, que François Duboc accuse d’être au courant du problème sans pour autant chercher à le régler.
Qu’on ne me dise pas qu’ils ne savent pas, tout le monde le sait. Il suffit d’avoir des yeux pour le voir
François Duboc
Des solutions à l’étude
De son côté, la Ville de Saint-Pierre-lès-Elbeuf assure qu’elle prend la situation au sérieux et qu’elle recherche des solutions : « La Ville consciente des difficultés de stationnement à proximité du boulodrome qui sont liées aux manifestations et au développement des activités du boulodrome a demandé aux clubs et comités départementaux de veiller au stationnement des véhicules des participants. Par ailleurs, une réflexion est en cours depuis plusieurs mois avec la Métropole Rouen Normandie, le Comité régional de pétanque de Normandie, propriétaire du bâtiment, le club occupant de la Boule pétanque saint-pierraise et qui va se poursuivre avec les riverains, entreprises et particuliers, afin d’identifier les solutions possibles.
Parmi les pistes étudiées figurent la création d’un parking supplémentaire aux alentours du site ou encore la mise en place ponctuelle, lors des week-ends de compétition, d’un sens unique avec stationnement en épi.
La Ville appelle également les utilisateurs et conducteurs au civisme et à ne pas se garer sur des emplacements gênants ou non autorisés et à respecter les riverains. »
La situation est donc figée et des plus inconfortables selon l’habitant de cette maison mitoyenne, qu’il partage avec son voisin de 89 ans, tout aussi désemparé. « Ça va être ardu pour régler ça », souffle François Duboc, qui soumet néanmoins l’idée de replacer ce fameux panneau d’interdiction de stationner : « Ce serait la solution la plus simple… »
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