Par
Rédaction Rennes
Publié le
15 déc. 2025 à 10h04
Elle ne s’est pas présentée à l’audience. Mercredi 10 décembre 2025, une mère de famille installée à Chantepie devait comparaître devant le tribunal correctionnel de Rennes, alors qu’elle est soupçonnée d’avoir commis des « violences habituelles » sur ses trois enfants mineurs. C’est donc en son absence qu’elle a été jugée.
Des violences signalées à la police par un des enfants
L’aîné a appelé la police le 15 juin 2023 alors qu’il se trouvait « devant l’école » de son plus jeune frère de 5 ans : il disait avoir été « frappé à plusieurs reprises » par son beau-père le matin même après que celui-ci lui a reproché de ne pas bien « s’occuper » de son petit frère. L’adolescent avait « répondu » à ce reproche, ce qui avait « énervé » l’adulte.
Quelques jours plus tard, le 29 juin 2023, le jeune garçon avait finalement écrit une « lettre » dans lequel il retirait sa plainte et affirmait avoir « menti » aux policiers car il était « énervé » le jour de sa dénonciation. Mais entre-temps, lors de son audition, l’adolescent avait également mis en cause sa mère, qu’il accusait de mettre « de nombreuses gifles » à ses frères et à lui. Les deux plus jeunes enfants avaient eux aussi rapporté des « coups de babouche » et des « gifles » dans le « dos », sur la « tête » et sur la « cuisse ».
« Cela arrive de s’énerver »
Entendue par les policiers, Dinna avait d’abord confirmé que son compagnon lui avait confié avoir mis une gifle à l’aîné de ses enfants. Mais elle n’avait pas déposé plainte car « cela arrive parfois de s’énerver » et cela faisait même « du bien » à son fils.
Lors d’une nouvelle audition avec son conjoint, elle avait finalement modifié sa version : ces propos avaient été « inventés » par le jeune garçon, qui était alors en pleine « crise d’adolescence », tandis que ses deux jeunes frères n’auraient « jamais pu » faire état de violences. Elle reconnaissait tout de même quelques « gifles », mais qu’elle trouvait « normales ».
Seule Dinna avait pu être poursuivie devant la justice française : son compagnon est lui « reparti en Afrique » depuis les faits. Mais la mère de famille aujourd’hui âgée de 43 ans ne s’est pas présentée à la Cité judiciaire de Rennes mercredi 10 décembre 2025. Elle n’était pas non plus représentée par un avocat.
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Deux des enfants partie civile
Reste que si l’enquête est « faible » car elle repose principalement sur les « déclarations » des enfants, il y a « suffisamment d’éléments » pour établir la culpabilité des parents, a estimé l’avocate des deux plus jeunes enfants. Pour Me Mélissa Mariau, le courrier dans lequel l’aîné revient sur sa version a d’ailleurs pu être « rédigé par peur de représailles ».
Elle avait donc réclamé la condamnation de Dinna à verser 500 euros de dommages et intérêts à chacun des deux enfants, aujourd’hui âgés de 9 et 7 ans. L’aîné, aujourd’hui majeur, n’avait pour sa part pas souhaité se constituer partie civile.
Le procureur de la République avait requis à l’encontre de Dinna un « stage de responsabilité parentale » à effectuer à ses frais, sous peine de devoir purger deux mois d’emprisonnement ferme.
Le tribunal correctionnel de Rennes l’a finalement reconnue coupable des faits commis uniquement sur une période de six mois. Il a prononcé le « stage » requis par le parquet et a également condamné la mère de famille à verser 500 euros à ses deux plus jeunes enfants pour indemniser leur « préjudice moral ».
RB et GF (PressPepper)
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