Invité des matinales de RTL et de BFMTV ce lundi, à la veille de la visite d’Emmanuel Macron à Marseille, le militant a soutenu qu’il ne renoncerait pas à son combat contre le narcotrafic. Le jeune homme a également regretté l’absence de soutien venant du monde littéraire et du rap.

«Le point de bascule, cela fait des années qu’on le vit dans les quartiers. Si on veut garantir le seuil d’état de droit dans ces quartiers, le changement doit être général avec une réponse sécuritaire et une vraie révolution sociale», martèle Amine Kessaci. Un mois après l’assassinat de son frère et à moins de 24 heures de la visite présidentielle à Marseille, le jeune militant a réaffirmé avec force qu’il ne renoncerait pas à son combat contre le narcotrafic.

«Mehdi, mon petit frère, avait 20 ans. On avait deux ans d’écart. Il avait passé le concours de gardien de la paix pour devenir policier. C’était le petit frère qui m’a rendu fier», a soutenu le jeune homme sur la matinale de RTL puis sur BFMTV ce lundi, confirmant que les tueurs avaient fait passer un «message»  en atteignant son frère. «Je lui avais dit que des gens mal intentionnés étaient à ma recherche et en lui disant de faire attention. Lorsqu’on ôte la vie à quelqu’un, c’est pour faire passer un message. Ce n’est pas un crime d’avertissement, c’est un crime de barbare», a-t-il souligné.


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Celui qui avait martelé qu’il ne se «tairait pas» dans les colonnes du Monde  a ajouté qu’un sentiment de «culpabilité grandissante» l’empêchait de «renoncer et déposer les armes» face à la pieuvre du narcotrafic. «La mort, elle vient devant nous avec cette armée de fantômes avec laquelle j’avance et je marche. C’est en ça que je pense que notre parole est aujourd’hui une des plus grandes garanties de survie pour nous», souligne Amine Kessaci, désormais placé sous protection policière.

«Absence» du monde de la littérature et des rappeurs

«Aujourd’hui, il y a des policiers qui assurent ma protection et à qui d’ailleurs, je veux dire toute ma reconnaissance, à qui d’ailleurs, je veux dire tout mon respect, puisque ces gens-là ont choisi de se lever malgré la menace», souffle-t-il, remerciant au passage tous les Français qui s’étaient «levés» le 22 novembre dernier afin de rendre un dernier hommage à son frère à travers des rassemblements. «Aujourd’hui, la lutte va durer, la lutte va vivre, la lutte va être portée par des gens. Et ça, je pense que c’est garantir une certaine immortalité», a-t-il souligné au micro de Thomas Sotto.

Le militant a toute de même regretté l’absence de certaines figures du monde de la culture, comme les auteurs, libraires ou encore les rappeurs. «Je le dis clairement, ils ont raté un coche. Leur responsabilité doit être pointée, je les appelle à s’exprimer. Le plus grand absent, c’est le monde de la littérature. Où était le monde de la littérature, ces gens qui sont des grands défenseurs de la liberté d’expression ?», a fustigé Amine Kessaci dans la foulée face à Apolline de Malherbe, consentant toutefois à reconnaître que de nombreuses personnes ne s’étaient pas mobilisées pour son frère par «peur» ou par «crainte de représailles».

«Lorsqu’on a et qu’on vit des attaques dans ce pays, on est tout le temps les premiers à se lever et à exprimer notre soutien, notre attachement à la liberté d’expression. Et je veux dire que le 13 novembre, en quelque sorte, c’est la liberté d’expression qui a été attaquée», assure le jeune homme de 22 ans, qui s’est entretenu avec Emmanuel Macron. «Je trouve très bien qu’il puisse venir à Marseille et qu’il rencontre les personnes qui n’ont pas l’habitude de s’exprimer. Je lui avais déjà dit en 2021 de ne pas venir avec un plan dans un avion ou dans un train, mais de construire ce plan à Marseille avec les gens qui vivent sur place, avec les élus locaux. Et je pense que c’est ce qu’il vient faire».