© Shutterstock – Île-de-France Mobilités crée une ligne dédiée aux branches de Dourdan et Saint-Martin-d’Étampes et commande 55 trains neufs pour améliorer la ponctualité.
Pour répondre aux difficultés chroniques du RER C, notamment dans le sud de l’Essonne, Île-de-France Mobilités adopte une stratégie d’accélération. Les branches de Dourdan et de Saint-Martin-d’Étampes, dont la ponctualité tombe sous les 85 % depuis trois ans, se révèlent les plus touchées du réseau.
Avec ses 176 km de voies, ses six branches et ses 510 000 voyageurs quotidiens, le RER C reste l’une des lignes les plus complexes de la région. Sa modernisation globale, actée dans le schéma directeur de 2024, implique un chantier de long terme, chiffré à plus de 5 milliards d’euros d’ici 2035.
Mais face à l’ampleur des retards et aux infrastructures vieillissantes, “une action rapide est nécessaire”, martèle Île-de-France Mobilités. Les travaux du tronçon central, les adaptations pour les futurs trains à deux étages ou encore les financements à sécuriser rendent les améliorations trop lointaines pour les usagers.
Une ligne Y indépendante du RER C
Pour offrir une offre plus fiable aux habitants du sud-Essonne, le Conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités vote, le 10 décembre, la création d’une nouvelle ligne Y d’ici 2032.
Cette ligne reprendra les branches de Dourdan et de Saint-Martin-d’Étampes, déconnectées du reste du RER C, notamment du tronçon central souterrain, source majeure d’aléas.
Son terminus sera situé à Paris-Austerlitz surface, ce qui permet la commande immédiate de trains à deux étages, sans devoir attendre les lourds travaux nécessaires sous Paris.
Selon l’autorité organisatrice, 80 % des voyageurs du sud de l’Essonne s’arrêtent déjà à Austerlitz, ce qui facilitera les trajets directs et limitera les correspondances. L’objectif est également de proposer, à terme, des trajets directs vers Juvisy ou vers Paris-Bibliothèque François-Mitterrand, en correspondance quai à quai avec la ligne 14 ou le RER C.
Cette démarche s’inspire de la ligne V, créée en 2024 entre Massy-Palaiseau et Versailles, exploitée indépendamment du RER C et affichant aujourd’hui plus de 95 % de ponctualité.
55 trains neufs à deux étages commandés dès 2026
Pour améliorer rapidement les conditions de transport, Île-de-France Mobilités lancera en janvier 2026 un appel d’offres pour acheter 55 trains neufs à deux étages.
Ce matériel roulant, capacitaire et confortable, s’appuiera sur des modèles existants afin d’éviter les retards liés à une conception intégrale. Les industriels disposeront de marges de manœuvre pour optimiser leur calendrier de production.
Ces trains doivent répondre à l’augmentation de la fréquentation prévue d’ici 2040 et au développement économique du sud de l’Essonne. À terme, seul un parc homogène à deux niveaux peut garantir l’emport nécessaire sur l’ensemble de la ligne.
L’objectif affiché pour la future ligne Y est clair : atteindre au moins 90 % de ponctualité.