l’essentiel
À la veille de la réouverture complète de la Grand-Rue Saint-Michel, à Toulouse, les commerçants du quartier tournent une page éprouvante. Fermetures partielles, accès compliqués, baisse de fréquentation : pendant près de deux ans, les travaux ont impacté l’activité économique.

Deux ans. C’est le temps qu’auront duré les travaux dans la Grand-Rue Saint-Michel, un axe majeur du sud toulousain.

Une période vécue différemment selon l’emplacement des commerces.

« Ça a été long, oui, deux ans de chantier », reconnaît Solange Dourau, pharmacienne installée près du Palais de Justice. « Mais honnêtement, je n’ai pas été trop impactée. »

Située à proximité immédiate du métro, elle explique que sa clientèle se déplace majoritairement à pied ou en transports en commun.

« On a perdu plus de 30 % de chiffre d’affaires »

« En revanche, le manque de circulation faisait que les automobilistes voyaient moins la pharmacie, notamment mon écran lumineux. Avec la réouverture, ça va changer. »
Pour d’autres commerçants, la situation a été nettement plus délicate.

« On a perdu plus de 30 % de chiffre d’affaires », confie Marion Deprez, gérante de la boulangerie-pâtisserie Mirarosa, située plus près du métro Saint-Michel.

Des pistes cyclables ont été créées tout au long de la rue.

Des pistes cyclables ont été créées tout au long de la rue.
DDM – MARC SALVET

Accès restreints, bus déviés, habitudes bouleversées : « Les gens allaient ailleurs, dans des rues plus faciles d’accès. Même si notre pain est bon, il y a de la concurrence partout. »

Une baisse durable qui a contraint l’entreprise à revoir ses coûts et à se séparer d’un apprenti.

Fréquentation en berne et clientèle fragilisée

Les difficultés ont également touché la clientèle la plus fidèle. « Certaines clientes âgées ne pouvaient plus venir, surtout à cause des déviations de bus », explique la pâtissière. Une réalité partagée par d’autres commerçants.

« Tout était bloqué, les voitures ne pouvaient pas passer, les clients non plus », résume Mia Mbokol, du restaurant Sud d’Asie.

« On travaillait, mais les clients ne venaient pas. »
Malgré l’absence d’indemnisation pour certains, une association de commerçants s’est constituée afin de faire entendre leurs difficultés. Tous espèrent désormais que le pire est derrière eux.

Une rue transformée, mais des habitudes à retrouver

Si la rénovation est saluée — « la rue est plus jolie, plus propre », décrit Marion Deprez — la prudence reste de mise. « Même moi, je fais parfois des détours pour rien ».
Après deux ans de patience, la Grand-Rue Saint-Michel espère enfin retrouver son animation d’antan.