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La décision du Conseil de discipline du rugby français a été annoncée lundi 15 décembre : le club « rouge et noir » a été sanctionné de 4 points de retrait au classement du Top 14, dont 2 avec sursis, ainsi que d’une amende de 45 000 euros dont 15 000 avec sursis. Du côté des observateurs comme en interne, la sanction fait réagir.

À première vue, une sanction presque indolore. Lundi 15 décembre, l’attente des dirigeants du Stade Toulousain ainsi que celle des supporters, pour certains très fébriles, a pris fin : la sanction de Toulouse dans l’affaire dite « Jaminet » a été dévoilée.

Le Conseil de discipline du rugby français a sanctionné le club « rouge et noir » de 4 points de retrait au classement du Top 14 dont 2 avec sursis, ainsi que d’une amende de 45 000 euros, dont 15 000 avec sursis.

Conséquence : Toulouse passe de 39 à 37 points au classement du championnat de France et perd la tête passant 2e (même nombre de points que Pau, nouveau leader, mais 2e au jeu de la seule confrontation directe cette saison remportée par la Section).

Dans ce dossier, Toulouse est soupçonné d’avoir tenté de ne pas inscrire dans ses comptes le montant du transfert de Melvyn Jaminet de Perpignan à Toulouse en 2022 (450 000 euros), afin de ne pas être en infraction avec la règle du salary cap, le plafond salarial en vigueur en Top 14.

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Pourquoi le Conseil de discipline s’est arrêté sur cette sanction, alors que l’éventail de représailles possibles pouvait aller jusqu’à 10 points mais comprenait aussi une interdiction de jouer les phases finales ou encore un retrait de titres au palmarès ?

L’instance a mis en avant le règlement d’une première amende par Toulouse, en mars dernier (1,3 million d’euros), mais aussi « la reconnaissance partielle des faits » ainsi que la bonne santé financière du club.

La sanction a rapidement fait réagir, un certain nombre de témoignages estimant la sanction faible. De nombreux observateurs et supporters sur les réseaux sociaux mais aussi, en interne à Toulouse.

« Le club n’avait plus de marge avec le salary-cap »

Selon nos confrères de L’Équipe, en interne, une source indique : « Au club, personne n’osait rêver d’une sanction aussi clémente. » Toujours selon nos confrères, un autre membre du club remonte à la genèse de l’affaire, remettant en question la nécessité de recruter, en 2022, Melvyn Jaminet alors que le club comptait déjà dans ses rangs des joueurs de haut vol au même poste (arrière), parmi lesquels Thomas Ramos.

« C’est très cher et même fou pour un joueur dont le club n’avait pas foncièrement besoin. Il aurait fallu que Didier Lacroix (le président du Stade Toulousain, NDLR) résiste au souhait exprimé par Ugo Mola (le manager), qui voulait absolument ce joueur alors que le club n’avait plus de marge avec le salary-cap. »

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Dès lundi, le Stade Toulousain a réagi, insistant sur l’image potentiellement écornée : « Les décisions prononcées interviennent au terme d’une procédure dont les modalités ont profondément affecté son image et nous le déplorons. Attaché à ses valeurs de transparence et de responsabilité, le Stade Toulousain analysera dans les prochains jours, avec ses conseils, l’opportunité de faire appel pour faire respecter ses droits. »

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Maintenant la justice sportive passée, les dirigeants toulousains se préparent au volet « justice civile » : le parquet de Toulouse a ouvert en avril dernier une enquête préliminaire pour « abus de confiance ».