Il opère en ambulant chez les vétos généralistes. Il a aussi contribué à créer des cliniques uniques en Europe.
Pour nous retrouver, avec Pierre, on aurait pu convenir d’une grande pièce blanche aseptisée. On aurait pu enfiler les surchaussures, les blouses, gants et charlottes. Ç’aurait été sympa aussi. Mais on a préféré opter pour son petit bout de campagne roumaroise. Un chemin de terre flanqué à mi-chemin entre sa jolie maison et la ferme d’à côté. C’est là qu’on se gare. L’étable et sa centaine de vaches sont à deux pas. Le jour n’est levé que depuis peu de temps, une brume matinale plane sur la campagne. Ç’aurait tout de même été dommage de s’enfermer dans une salle d’opération. D’autant que les températures sont plutôt agréables, pour la saison.
Dans son coffre, Pierre transporte un bloc opératoire ambulant © Aucun(e) – Synervet
IL FAIT DANS LA CHIRURGIE
Bon, son côté chirurgien, on ne le voit pas au premier coup d’œil. Là, c’est un gentleman-farmer qui m’attend, tout sourire. Sans doute que le moment rappelle à Pierre ses débuts, quand il était encore étudiant à l’école des vétos. Alors, il battait la campagne, d’une ferme à l’autre. Mais ça, ça n’a duré que le temps des études. Le vétérinaire ambulant est en général généraliste. Mon Pierrot, lui, il fait dans la chirurgie. Forcément qu’on n’opère pas la vache à-même l’étable. Ni le chien sur la table du salon. On a besoin d’un environnement adapté, pour ce genre de chose.
Dans ces caisses, tout le matériel nécessaire à la chirurgie ambulante © Aucun(e) – Synervet
UN BLOC OPÉRATOIRE AMBULANT
La chirurgie ambulante, voilà une des cordes à l’arc du docteur Schwinte, comme l’appellent les maîtres de ses petits patients. D’ailleurs, dans le coffre de sa petite berline, tout est là pour faire du bon travail. Pierre a fait des boites à instruments de ce qui était vendu pour des caisses à outils. Chaque boite contient les pièces d’un puzzle qui, une fois reconstitué, fait un bloc opératoire. On pourra opérer, là où un petit animal attendra qu’on le soulage. Soit, dans le cabinet d’un confrère. Sur place, le chirurgien-vétérinaire et son infirmière n’auront plus qu’à installer leur bloc, en quelques minutes.
Avec l’aide d’une infirmière, Pierre peut déplacer son bloc opératoire chez les vétérinaires généralistes © Aucun(e) – Synervet
UNE CLINIQUE DE POINTE
La chirurgie, ce sont parfois aussi des opérations plus lourdes. Qui nécessitent une infrastructure et du matériel adaptés. Parce qu’aujourd’hui, on va beaucoup plus loin qu’il y a 40 ans, quand il s’agit de prendre soin de nos animaux. On n’hésite plus à les passer au scanner, à utiliser la chimio ou à poser des prothèses. Avec une brochette de confrères, l’idée a donc germée, au début des années 2010, de créer une clinique de pointe, unique en Europe. Un plateau technique à la pointe de la technologie, où une trentaine de vétérinaires fait tourner ce qui pourrait ressembler à un petit hôpital.
Une clinique tout équipée © Aucun(e) – Synervet
DES SPÉCIALISTES DANS CHAQUE DOMAINE
La première clinique voit donc le jour en 2014. Pierre et ses associés, après avoir lancé l’idée auprès des vétérinaires généralistes de la région, réussissent, grâce aux fonds apportés par une centaine d’entre eux, à mettre leur projet sur pied. On pratiquera en un seul lieu tous les soins possibles aux bébêtes. L’équipe intègrera des spécialistes de chaque domaine. En matière d’équipement, on ne trouvera pas mieux. Avec l’objectif de travailler dans le prolongement du travail du généraliste. Les maîtres ne déposent pas leur animal spontanément; il doit d’abord être passé entre les mains du véto de famille qui, si nécessaire, délivrera l’ordonnance qui vous permettra de planifier dans la clinique les soins de l’animal. Un concept qui fonctionne sur une collaboration totale, entre les spécialistes et les généralistes.
Dans la clinique, on peut même opérer votre crocodile © Aucun(e) – Synervet
UNE SUCCESS STORY
On en est où, 11 ans après? C’est simple, le succès de la première clinique fut tel qu’on en a ouvert une deuxième. Deux adresses, aujourd’hui, en Normandie. Une dans l’agglo rouennaise et une au Havre. Une troisième est actuellement en construction à Amiens. Ce que je me dis, moi, quand je cause avec Pierre, c’est que j’ai sous les yeux quelque chose qui ressemble à une success story. Et je me demande comment mon copain arrive à se dégager du temps pour ses autres passions. Parce qu’il en a un paquet, le monsieur. Du genre à se passionner pour tout ce qui est passionnant. Revenez demain, nous vous parlerons des plus hauts sommets des 7 continents. Il les a tous faits!
Allez mon pépère, ça ira mieux bientôt © Aucun(e) – Synervet