Publié le
17 déc. 2025 à 7h32
C’est probablement l’un des chantiers les plus commentés – et les plus décriés par une partie de la population – de la fin de mandat d’Éric Piolle à Grenoble. L’Esplanade, immense espace au niveau de la Porte de France, qui accueille chaque année la Foire des Rameaux, est en train de se transformer pour (re)devenir un espace piéton et végétalisé.
Dans le cadre de ces travaux démarrés cet été, des fouilles préventives du site ont été ordonnées. Et le résultat de ces recherches vient d’être dévoilé par l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives).
Une trentaine de corps exhumée
Première découverte : un vestige « d’un édifice quadrangulaire maçonné » et, à proximité, des fosses avec des restes humains. Au total, environ 32 individus ont été exhumés dans des fosses datant parfois du XVIe siècle.

Des fosses communes et restes humains ont été retrouvés par les archéologues à l’Esplanade de Grenoble. (©Facebook / Inrap – Anne-Gaëlle Corbara)
« Ces hommes, et quelques femmes, étaient le plus souvent installés en contact direct, tête-bêche, sur le dos ou sur le ventre, sans orientation dominante », rapporte l’Inrap.
Après quelques recherches, il s’est avéré que les archéologues ont découvert le gibet de Grenoble, « dit du Port de la Roche », sorte d’immense mât qui servait à exposer les corps des condamnés à mort. Il aurait été utilisé du XVIe siècle jusqu’au début du XVIIe siècle.
« Essentiellement des rebelles à l’autorité du roi »
L’Esplanade, avant d’être un lieu accueillant les grands événements culturels de Grenoble ou d’être un parking gratuit en entrée de ville, était donc un site d’application des peines de justice.
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Toujours d’après l’Inrap, la plupart des condamnés à mort ont été exécutés sur la place aux Herbes, de l’autre côté de l’Isère, avant que leurs dépouilles ne soient installées sur le gibet de l’Esplanade.
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« Ceux qui ont été exposés étaient essentiellement des rebelles à l’autorité du roi, explique l’institut. Tous les condamnés exposés n’étaient pas nécessairement enterrés sur place. » Les restes de ceux retrouvés par les archéologues ont été « délibérément privés de sépulture » et ont « subi un traitement infamant » en étant « déposés ou jetés » les uns sur les autres dans les fosses.
Des découvertes qui doivent permettre une « compréhension des pratiques » de l’époque en matière de justice et une réflexion « sur ce que pouvait, ou peut encore, signifier le fait d’être condamné à une mort infamante », espère l’Inrap.
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