Chaque jeudi, Midi Libre donne la parole aux habitants des quartiers. Quel regard portent-ils sur l’action municipale ? Et quelles attentes ont-ils pour le prochain mandat ? Ce jeudi, focus sur le quartier la Pompignane en pleine métamorphose…
À l’heure où la fin du mandat municipal approche, Marie-Ange Cuvier, la présidente du comité de quartier de La Pompignane, dresse un bilan plutôt positif de l’action de la Ville de Montpellier. Pour autant, si plusieurs aménagements ont profondément amélioré le cadre de vie, des attentes majeures demeurent, notamment en matière de transports, de propreté et d’équipements publics.
« La Pompignane, c’est trois quartiers en un », résume cette bénévole très impliquée. D’un côté, le secteur du Lez. De l’autre, la zone pavillonnaire des rues dites “des oiseaux”. Et enfin le quartier des ACM, classé quartier prioritaire de la politique de la ville, qui concentre à lui seul vingt-deux bâtiments. Soit un territoire hétérogène regroupant entre 5 000 et 6 000 habitants.
Des travaux de voirie unanimement salués
Parmi les réalisations les plus visibles du mandat écoulé, la rénovation de l’avenue de la Pompignane est unanimement saluée. « C’était une avenue vieillissante, pleine de trous, pas agréable du tout. Aujourd’hui, on a des pistes cyclables dignes de ce nom des deux côtés et un trottoir entièrement refait. C’était indispensable ». Un changement qui améliore à la fois la sécurité et le confort des riverains.
Dans le domaine de l’urbanisme, les aménagements du parvis de l’école Paul-Painlevé sont également cités en exemple. « Ce n’était pas attractif, compliqué d’accès. Maintenant c’est sécurisé, végétalisé, beaucoup plus agréable », poursuit l’intéressée. Plus au cœur du quartier, entre l’école Jean-Zay et le Lidl, un projet en cours prévoit également la création d’une place avec des commerces en rez-de-chaussée. « L’idée, c’est d’avoir un petit bistrot, une boulangerie, etc. Un lieu de vie, en somme. »
La salle Pazos, lieu de ressource
Et d’énumérer avec satisfaction la construction d’une résidence seniors et d’une crèche, dans le dans le secteur des ACM. Ainsi que le réaménagement du parc des Pastourelles, avec des jeux inclusifs et des appareils de fitness. Autre point fort du mandat, l’ouverture de la salle municipale Manuel-Pazos, attenante au stade de football. « Elle est mise à disposition du monde associatif, avec des permanences toute la semaine : CCAS, soutien scolaire, collectif des mamans… C’est un vrai lieu ressource. »
Et de citer aussi le projet du “Havre de paix de la Loutre”, le long du Lez. « La mairie s’est engagée à rendre le Lez plus sauvage. Aujourd’hui, la loutre est revenue, avec toute une biodiversité. »
Selon la Montpelliéraine, la sécurité s’est également améliorée sur certains aspects tels que « les rodéos urbains qui ont quasiment disparu grâce aux rondes de la police municipale et à la confiscation des deux-roues ».
Des horaires de bus plus tardifs
Mais malgré ces avancées, un sujet cristallise toujours la colère des habitants dont Marie-Ange Cuvier se fait la porte-parole : le désenclavement du quartier. « On a une ligne de bus, la “16”, mais elle oblige à changer systématiquement place de l’Europe. Résultat, il faut une demi-heure pour rejoindre le centre-ville. »
Fort d’une pétition qui a recueilli 700 signatures, le comité de quartier réclame depuis longtemps le prolongement de la ligne jusqu’aux Échelles de la Ville. « En outre, si vous ratez le tram à 22 heures à la Comédie, vous rentrez à pied. Ça pose un vrai problème. Une extension du service jusqu’à 23 h 30 serait appréciée. Les aides à l’achat de vélos, comme on nous le rétorque, ne suffisent pas car beaucoup de personnes n’ont pas les moyens d’avancer les frais. À l’horizon 2030, la population pourrait atteindre 10 000 habitants. On ne peut pas densifier, supprimer du stationnement et miser uniquement sur le vélo sans renforcer les transports en commun. »
Des nuisances sonores
Autres attentes pour la prochaine mandature : la création d’une salle multisport demandée par de nombreuses familles. Une action plus importante sur la propreté du quartier. Et plus de fermeté contre les nuisances nocturnes liée à une épicerie de nuit implantée sur l’avenue de la Pompignane qui a déjà été fermée administrativement.
« Certaines résidences subissent des nuisances jusqu’à 3 ou 4 heures du matin par des personnes qui sont dans des voitures, musique à fond. Sans parler de la consommation de protoxyde d’azote, de drogue et d’alcool sous leurs fenêtres. Des habitants sont épuisés, certains sont même tombés en dépression », alerte Marie-Ange Cuvier.