Qui ne s’est jamais retrouvé coincé dans un embouteillage après avoir emprunté l’autoroute pour gagner du temps ? Chantiers, pics de circulation ou grands départs en vacances, les bouchons sont monnaie courante. En moyenne, un automobiliste français perd près de 50 heures par an sur les autoroutes, soit plus de deux jours à patienter avant que le trafic ne se fluidifie. Et quelle que soit la durée du trajet, le prix du péage reste inchangé.

Mais cette règle va évoluer en Italie. A partir du 1ᵉʳ juin 2026, Rome va imposer un système de dédommagement pour les automobilistes subissant un service dégradé sur les autoroutes transalpines, a annoncé l’Autorità di Regolazione dei Trasporti (ART), rapporte TF1. Pour la première fois en Europe, les concessionnaires seront obligés de rembourser tout ou partie du péage aux usagers retardés par des embouteillages ou des chantiers. Pour les retards liés à des chantiers programmés et non urgents sur un axe, le remboursement sera automatique pour tous les trajets de moins de 30 km, sans preuve de retard.

Une compensation variable en fonction des perturbations

Entre 30 et 50 km, il sera accordé à partir de 10 minutes de retard, et dès 15 minutes pour les trajets supérieurs à 50 km. Dans tous les cas, l’indemnité ne pourra excéder le montant total du péage payé. Pour les perturbations de circulation hors chantier, avec un trafic totalement bloqué, le remboursement sera proportionnel à l’impact subi : 50% du péage pour un blocage de 1 à 2 heures, 75% pour 2 à 3 heures et remboursement intégral au-delà de 3 heures. Seuls les montants supérieurs à 10 centimes seront éligibles.

Pour bénéficier du remboursement, les automobilistes devront passer par une application nationale unique. Celle-ci fonctionnera dès le 1ᵉʳ juin pour les trajets avec un seul concessionnaire et sera étendue au 1ᵉʳ décembre 2026 pour les parcours impliquant plusieurs opérateurs. L’ART précise que «les concessionnaires sont tenus de mettre en place un système unique et intégré de remboursement des péages facilement accessible à toutes les catégories d’utilisateurs, de manière non discriminatoire». En revanche, les perturbations dues à des travaux d’urgence liés à des accidents, intempéries ou interventions des secours ne seront pas couvertes par ce mécanisme.

Une telle mesure pourrait-elle voir le jour en France ? Rien n’est moins sûr… «Il n’a jamais été imaginé pour les sociétés concessionnaires d’autoroutes en France, un retour en cas de dégradation du service rendu. Donc rien ne peut les contraindre légalement à faire cette petite ristourne, sinon le sens commercial», explique à nos confrères Alexandra Legendre, porte-parole de la Ligue de défense des conducteurs.


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