Journée de mobilisation ce jeudi pour les agriculteurs de la Coordination rurale à Rouen. Ils se sont rassemblés devant la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), rive-gauche. Ils sont opposés à l’abattage de troupeaux entiers de bovins en cas de dermatose nodulaire.
Une cinquantaine de camions bloquant la route, et près d’une centaine d’agriculteurs, bonnets jaunes de la Coordination rurale sur la tête : ils étaient mobilisés devant la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) à Rouen, ce jeudi après-midi.
Parmi eux, Frédéric, un éleveur de vaches laitières dans le pays de Bray. « Je suis venu avec Justine », dit-il. Justine, c’est une fausse vache « qui veut une vie juste ». D’où son nom. Et cette vache, dit-il, est autant opposée que lui à l’abattage des troupeaux de bovins, dès qu’un cas de dermatose nodulaire contagieuse est détecté. « Le troupeau que j’ai aujourd’hui remonte à trois générations. Et depuis des générations, on a sélectionné nos vaches, on vit avec elles tous les jours. C’est comme nos enfants, d’une certaine façon ! »
Frédéric, un éleveur de vaches laitières dans le pays de Bray, était de la mobilisation © Radio France – Sarah-Yasmine Ziani
Alors pas question de voir un troupeau entier disparaître, comme dans le sud-ouest de la France, les bovins normands, eux, n’étant pour le moment pas touchés par la maladie.
L’accord UE-Mercosur dans le viseur
« Il faut plutôt vacciner, laisser un peu de temps, et voir ce que ça donne », estime cet autre agriculteur de Clères, près de Rouen, qui a souhaité rester anonyme. « Et s’il y a un ou deux cas positifs, il faut tester les autres avant d’abattre le reste du troupeau. Sinon, c’est complètement ridicule ».
La Coordination rurale de Seine-Maritime, que plusieurs élus du Rassemblement national et du parti Reconquête sont venus soutenir, est aussi très remontée contre le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays d’Amérique du Sud, le Mercosur. Sur ce point, le syndicat rejoint la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs qui protestaient ce jeudi à Bruxelles, au siège de la Commission européenne.
« On veut tuer les éleveurs français »
« On importe déjà 200.000 tonnes de viande issue du Brésil. Ça va être 99.000 tonnes en plus avec l’accord du Mercosur, explique l’agriculteur de Clères. « On ne sait pas de quoi on va vivre demain. »
Même indignation chez Nathalie, la conjointe d’un exploitant agricole : « On veut tuer l’élevage, on veut tuer les éleveurs français. Demain on mangera argentin, brésilien, du poulet d’Ukraine. Est-ce que c’est ça que vous voulez ? » demande-t-elle.
Un mécontentement que les agriculteurs de la Coordination rurale ont fait entendre à coups de klaxons, jusque sous les fenêtres de la préfecture où une délégation a été entendue.
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