À Rouen (Seine-Maritime), cinq bars et la boîte de nuit Le So ont été frappés par une fermeture administrative pour avoir vendu de l’alcool à des personnes déjà ivres en ce mois de décembre 2025. Pour autant, détecter les personnes déjà alcoolisées n’est parfois pas toujours chose aisée pour les employés des établissements.

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Cinq bars de Rouen (Seine-Maritime) ainsi que la boîte de nuit Le So ont été frappés par des fermetures administratives en ce mois de décembre 2025. À tous, la préfecture reproche notamment d’avoir vendu de l’alcool à des personnes déjà en état d’ivresse.

En effet, sur ce sujet, la loi est formelle. L’article R3353-1 du code de la santé publique stipule que « le fait pour les débitants de boissons de donner à boire à des gens manifestement ivres ou de les recevoir dans leurs établissements est puni de l’amende prévue pour les contraventions de 4e classe ».

Néanmoins, cette loi est parfois difficile à faire respecter, nous indiquent les professionnels du secteur. « Nous essayons de faire très attention à ne pas faire entrer de clients déjà ivres », explique Stéphane Novick, patron du Novick’s Stadium à Rouen et à Dieppe. Et d’ajouter : « parfois ce n’est pas évident, on ne peut pas toujours contrôler ».

VIDÉO. La fermeture du So à Rouen pour la deuxième année consécutive :

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La boîte de nuit « So » à Rouen est contrainte de fermer ses portes pour deux mois.

©FTV/Léa Sombret et Patrice Cornily

Le gérant de l’établissement note toutefois qu’il existe des moyens simples pour s’assurer de la sobriété d’un client. « Quand quelqu’un commence à avoir du mal à s’exprimer, qu’il est agressif ou qu’il peine à marcher, ce sont des signes d’alerte », décrit-il.

L’UMIH (Union des métiers et des industries et de l’hôtellerie) propose aux gérants de bars des formations de ce type. « On essaye de leur donner des techniques pour reconnaître les gens ivres, mais c’est vraiment difficile », regrette son président, Julien Marchal Guéret.

Et de poursuivre : « le problème, c’est qu’il y a des gens qui savent très bien cacher leur ivresse ».

Face à cette difficulté, les professionnels du secteur semblent bien démunis. « La loi est relativement ambiguë, puisqu’elle ne précise pas les critères qui caractérisent l’ivresse », note le président de l’UMIH.

« La seule solution serait de faire souffler chaque client avant de le servir, ou d’installer des portiques qui contrôlent l’alcoolémie mais franchement, on ne peut pas imposer ça aux responsables de bars », conclut Julien Marchal Guéret.

Antonin Jouisse