Le Festival Trajectoires fait son grand retour du 13 janvier au 13 février prochain. Départementalisé depuis 2022, le premier festival des Alpes-Maritimes s’affirme comme un rendez-vous majeur dédié aux « récits de vie ». 

« Avec quatorze spectacles au programme, les plateaux vibreront au rythme des portraits intimes, parcours singuliers et récits d’engagements forts portés à la scène par les artistes d’ici et d’ailleurs » résume Leïla Benhabylès, directrice du Forum Jacques Prévert qui coordonne l’événement. Pour sa septième édition depuis 2019, Trajectoires poursuit une programmation attentive aux enjeux contemporains, au vécu, à notre place dans la société. Ce festival collaboratif réunit plusieurs partenaires culturels du département des Alpes-Maritimes, parmi lesquels le Théâtre National de Nice, la Scène 55 à Mougins, le Théâtre de la Licorne de Cannes, le Théâtre de Grasse, ou encore la Médiathèque de Mouans-Sartoux. Cette édition pluridisciplinaire met en avant l’humain, des plus jeunes (Ça va faire mâle !) aux plus âgés (La vie secrète des vieux), et invite également le public à se questionner sur l’intime qui fait naître l’art vivant sur scène  (La Lettre).

De l’intime à l’universel

Cette année, Trajectoires donne voix à des récits de marginalité, notamment à travers trois pièces autour du milieu carcéral et psychiatrique : Sortie de piste de Warren Zavatta, Entre les lignes de Tiago Rodrigues où le mythe d’Œdipe s’entremêle avec l’incarcération d’un fils qui a tué son père, et À l’ombre du réverbère d’Enzo Verdet, seul-en-scène dans lequel Redwane Rajel aborde son parcours de résilience, de la prison au théâtre. Ces deux dernières pièces ont particulièrement marqué la rédaction, aux côtés de Il ne m’est jamais rien arrivé de Johanny Bert, où Vincent Dedienne explore les journaux intimes du regretté Jean-Luc Lagarce. La famille est au centre de Au nom du Père, du Fils et de Jackie Chan, dans lequel Matthias Fortune érige l’acteur Jackie Chan en figure tutélaire et salvatrice. Dans L’Extraordinaire destin de Sarah Bernhardt, Géraldine Martineau conte la vie de l’actrice incontournable du XXᵉ siècle. Une programmation résolument hybride, foisonnante et décloisonnée, qui convoque aussi le slam (Kay ! Lettres à un poète disparu), la danse (Ma part d’ombre, Tandem), la littérature (Boum Littéraire), ou encore les marionnettes (Petite Touche). Le festival multiplie également les rendez-vous avec le public :  rencontres, séances de dédicaces, cours de danse… Autant de moments pensés pour que les récits de vie des artistes entrent en résonance avec ceux du public.

Siloé Lemaître