Par Yvan Styve
– Publié le
20 Déc 2025 à
16:30

Le gouvernement de Sébastien
Lecornu adopte une fiscalité plus lourde sur l’épargne financière.
Les épargnants français subissent une hausse ciblée de la CSG sur
leurs placements.

Les finances publiques françaises traversent une zone de
turbulences sans précédent depuis plusieurs décennies. Entre
déficits sociaux persistants et trajectoire budgétaire contrainte,
l »exécutif multiplie les ajustements fiscaux. Par conséquent,
Sébastien Lecornu et son équipe gouvernementale ciblent désormais
les revenus du capital pour équilibrer les comptes. Cette stratégie
budgétaire affecte directement les épargnants français, notamment
ceux qui privilégient les produits financiers classiques. En effet,
le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026
acte une hausse d’impôts significative.

Un
marathon parlementaire sous haute tension politique

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026
a finalement franchi l’étape finale le mardi 16 décembre.
L’Assemblée nationale a donc adopté le texte par 247 voix contre
232, au terme d’un scrutin particulièrement serré. Précisons que
plus de deux mois de débats houleux, d’aller-retour entre chambres
et de négociations acharnées auront précédé cette validation.
Déposé le 14 octobre denier, le texte a subi plusieurs
modifications majeures, particulièrement après l’intégration
tardive de mesures sensibles.

Thibault Bazin, rapporteur général du PLFSS, reconnait
d’ailleurs « un budget éloigné des ambitions initiales »
de l’exécutif tout en saluant le travail parlementaire. Paul-André
Colombani, député LIOT, a lui aussi estimé la version définitive «
plus équilibrée » que le projet d’origine. Le
déficit de la Sécurité sociale pour 2026 atteint désormais la barre
des 204 milliards d’euros, soit 19,6 milliards après transferts de
l’État. Parallèlement, Sébastien Lecornu et son gouvernement mènent
simultanément bataille sur tous les fronts budgétaires.
Malheureusement, certains contribuables
ne devraient pas échapper à cette vague de hausses fiscales
ciblées
. Cette architecture financière complexe cache notamment
une mesure explosive qui concerne directement les épargnants.

Les impôts sur l’épargne financière augmentent drastiquement

L’un des points les plus sensibles du texte concerne précisément
la contribution sociale généralisée aux placements. Les députés
renoncent finalement au gel du barème pour les revenus de
remplacement, épargnant ainsi les retraites et les chômeurs.
Toutefois, un accord intervient sur une augmentation du taux
applicable aux revenus du capital des épargnants français. La
version initiale prévoyait une hausse uniforme de 1,4 point,
faisant passer le taux de 9,2 % à 10,6 %. Cette approche radicale
est finalement abandonnée au profit d’un ciblage plus restreint
mais tout aussi impactant.

La hausse ne concernera donc que les revenus issus de produits
d’épargne financière, excluant néanmoins certains placements
privilégiés. De cette manière, les contrats d’assurance-vie, les
plans d’épargne logement, les revenus fonciers et les plus-values
immobilières y échappent miraculeusement. En outre, le rendement
budgétaire de cette mesure fiscale est estimé à 1,5 milliard
d’euros par le gouvernement. Cette taxation accrue frappe donc
directement les comptes bancaires rémunérés, les livrets non
réglementés et les produits financiers classiques. Les impôts
pèsent désormais davantage sur les ménages qui privilégient la
sécurité de l’épargne traditionnelle.

Une trajectoire budgétaire qui pousse vers les investissements
alternatifs

Avec ce PLFSS 2026, l’exécutif acte une trajectoire budgétaire
contrainte par les réalités économiques et sociales. La difficulté
persistante à résorber le déficit social sans toucher aux revenus
des ménages demeure évidente. De plus, les ajustements retenus
traduisent une volonté de préserver les équilibres politiques tout
en maintenant des recettes supplémentaires. Les débats ont
également mis en lumière la fragilité du financement du système
social français actuel. Le vieillissement démographique, la
progression des dépenses de santé et l’augmentation structurelle
des arrêts de travail pèsent donc lourdement.

Par ailleurs, dans ce contexte de finances publiques sous
tension et de fiscalité mouvante, les épargnants s’orientent vers
d’autres horizons. Les investisseurs alternatifs, tels que les
lingots d’or, l’argent physique ou les pièces d’or, gagnent en
popularité. Cette approche vise alors à limiter l’exposition
directe aux décisions budgétaires et à renforcer l’autonomie
financière durable. Néanmoins,
Sébastien Lecornu pourrait ravir les ménages payés au SMIC avec une
baisse
conséquente de leurs impôts. Une mesure compensatoire
qui vise à atténuer l’impact social des hausses fiscales ciblant
les revenus du capital.