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Rédaction Normandie

Publié le

21 déc. 2025 à 10h18

Depuis que la campagne pour les municipales 2026 est lancée, deux sujets sont récurrents à Bihorel (Seine-Maritime), quel que soit l’échiquier politique en place : la guerre des clans et la piscine.

L’association est forte de deux-cents adhérents

« Ce qui est sûr, compte tenu de la collectivité actuelle et des deux jugements au tribunal administratif et au tribunal judiciaire que nous avons remportés, le dossier de l’avenir du presbytère se retrouve sous la pile », constate Martine Laconde, vice-présidente de l’association Au Cœur de Bihorel, qui compte 200 adhérents et qui a présenté lundi 1er décembre, un projet imaginé par l’architecte Jean Protois pour l’avenir du presbytère.

« Je pense qu’une nouvelle équipe à la tête de la ville doit se questionner, et nous ne voulons pas que ce soit à partir de rien. Ils doivent savoir que depuis près de quatre ans, des gens travaillent sur ce dossier. Qu’ils ont validé l’idée qu’il fallait anticiper un peu le changement de majorité afin d’être dans le concret tout en conservant l’ancien bâtiment », poursuit Martine Laconde.

Préserver le bâti historique

L’association a donc récolté assez de dons pour financer les services d’un architecte-urbaniste, enseignant à l’école nationale de Rouen et du Havre, qui bénéficie d’une vraie expérience sur la réhabilitation de l’ancien.

« Il nous a fait un devis en deux phases. C’est la première, celle de la faisabilité en termes de m2 et d’usages, afin d’intégrer un ensemble dans les 1 338 m2, qui a été présentée lors de la soirée, selon une note d’intention de notre part », complète la bénévole.

Devant 80 personnes, Laurent Protois a ainsi démontré qu’il était possible de proposer onze logements sur la parcelle, « dont quatre dans le presbytère (deux T1, un T2 et un T3) au rez-de-chaussée et dans les combles aménageables. Le premier étage serait maintenu en partie pour les activités paroissiales et le presbytère avec une extension qui viendrait au niveau de la rue, afin que ce soit plus visible et accessible », a détaillé Martine Laconde.

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« Ouvrir le champ des possibles »

Les autres logements se répartiraient entre une ancienne remise et une nouvelle construction le long de la rue de la Libération. Question stationnement, des places seraient prévues à l’arrière du presbytère et en sous-sol.

« Sur le terrain, l’architecte envisage de faire tomber la salle des années 80 pour intégrer des espaces multifonctions sur 170 m2 au sol et 110 m2 en étage, des potagers partagés, une serre d’agriculture urbaine et des jardins attribués. Il a lancé beaucoup d’idées, mais on ne peut pas encore dire ce qui pourrait être repris. L’intérêt est vraiment d’ouvrir le champ des possibles. Proposer un projet différent de ce qu’on peut voir un peu partout. Cela a très bien été compris par le public. Les gens ont été scotchés à la présentation d’un vrai professionnel », insiste Martine Laconde.

Une vision alternative et innovante

Pourquoi une telle démarche alors que l’ensemble immobilier appartient à la ville ? La vice-présidente de l’association admet que oui, la Ville est décisionnaire. Toutefois, elle plaide « pour une vision alternative et innovante depuis le début. Là, on se rend compte que la parcelle peut correspondre aux valeurs que nous prônons. Celles de la paroisse et de diversités », poursuit Martine Laconde, qui ajoute que l’association veut aussi parler de gouvernance.

« Ces dernières années, nous avons souffert d’un manque d’écoute, même si le maire dit encore qu’il n’a jamais autant consulté sur un projet. Oui, il nous a reçus plusieurs fois, mais nous n’avons pas le sentiment d’avoir été entendus. Nous souhaitons donc qu’on tienne compte de ce que veulent les adhérents et les Bihorellais. »

Profiter de la campagne électorale

La campagne électorale semble en tout cas un bon terreau pour creuser et planter les idées de l’association, avec un dossier qui va leur permettre de rencontrer toutes les listes qui se présentent aux municipales, quelles que soient leurs tendances politiques.

« L’idée c’est qu’ils se posent des questions comme : vous êtes élus demain, comment procédez-vous ? Est-ce qu’on se met autour d’une table et on travaille ensemble ? Nous allons voir comment ils vont réagir », prévient la bénévole qui souhaite que l’avenir du presbytère soit dans leurs programmes.

Bihorel réunion presbytère
Quatre-vingts personnes sont venues écouter les propositions de l’architecte Laurent Protois sur l’avenir du presbytère.  ©Le Bulletin

« Cela peut être un engagement emblématique d’une nouvelle façon de travailler sur Bihorel. C’est notre volonté ! », signale Martine Laconde, qui ajoute toutefois que la suite dépendra des finances de l’association : « Nous avons réussi à mobiliser assez de dons pour la première phase. La deuxième, une analyse plus précise, va demander un peu de temps. »

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