La légende raconte qu’il descend de son traîneau pour offrir des cadeaux aux enfants sages, la barbe flottant dans l’air glacé du Nord. Bernard*, lui, a atterri bien plus au sud : au pied des Terrasses du Port, à Marseille, où le vent marin remplace la neige et où les rires d’enfants se mêlent au brouhaha des boutiques.

Depuis quatre ans, il enfile le costume rouge, réajuste la barbe synthétique et s’installe sur son grand fauteuil, prêt à incarner la magie que tous attendent. Derrière les flashs des photos et les « Ho, ho, ho » enjoués, reste une question silencieuse : le quotidien d’un Père Noël est-il vraiment à la hauteur du bonheur qu’il transmet ?

Entre moqueries et provocations

Derrière la barbe blanche et les sourires figés se cachent des journées longues, « sous un costume étouffant », et parfois ingratement ponctuées de moqueries. « Les gens ont l’impression que je leur appartiens, donc ils se permettent tout », confie Bernard. Les adolescents sont souvent les pires : « Ils passent et me lancent : Hé, tu m’offres quoi cette année, Père Noël ?’, puis éclatent de rire. D’autres, pendant que j’ai des enfants sur les genoux, crient : ‘Pourquoi tu mens ? Père Noël ça n’existe pas, enlèv…