Un réseau de narcotraficants qui importait de la cocaïne et du cannabis via les ports du Havre et de Moulineaux dans la Métropole rouennaise a été démentelé, annonce ce lundi le parquet de Lille. La tête de réseau, localisée à Casablanca au Maroc a été interpellée en septembre dernier.

L’enquête a duré près de trois ans. Ce lundi 22 décembre 2025, le parquet de Lille annonce dans un communiqué le démentèlement d’un important réseau de narcotraficants qui opéraient au Havre à Rouen et Dunkerque, où ils faisaient passer de la cocaïne et du cannabis par la mer, soit dissimulés dans des conteneurs de marchandise, soit par la technique du « drop-off », en jetant la marchandise à l’eau pour qu’elle soit récupérée. Neuf personnes ont été mises en examen en juin 2023, mais la tête de réseau n’a été interpellée que fin septembre 2025, à Casablanca au Maroc.

L’enquête débute en mars 2022 à Rouen, pour des faits d’importation et de revente de cannabis et de cocaïne dans la métropole, initié par la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) à du service interdépartementale de la police judiciaire (SIPJ) de Rouen. Le parquet de Rouen ouvre une information judiciaire le 12 avril 2022. Mais rapidement, les enquêteurs mettent à jour la dimension internationale du trafic, la juridiction spécialisée (JIRS) de Lille reprend le dossier et deux magistrats s’en saississent.

Les narcotraficants rouennais s’informent auprès de dockers

Les enquêteurs identifient au fil des mois un réseau de narcotraficants rouennais, qui fait passer de la drogue via les ports du Havre et de Moulineaux dans la métropole rouennaise grâce aux informations que leur fournissent des dockers sur les sorties de conteneurs.

Après plus d’un an, en juin 2023, l’enquête aboutit à une première saisie de drogue : 183 kilos de cocaïne dans un conteneur arrivé sur le port du Havre. En septembre 2023, les enquêteurs détectent un autre mode opératoire, les narcotraficants font venir en Normandie de la cocaïne par « drop-off », 400 kilos puis une tonne de cocaïne sont ainsi jetés au large et récupérés en mer par les narcotraficants.

Dix mis en examen

Le 11 décembre 2023, les forces de l’ordre découvrent 23 kilos de résine de cannabis dans le box d’un des narcotraficants qu’ils ont repérés. Neuf personnes sont alors interpellées, toutes mises en examen. Six d’entre elles sont placées en détention provisoire, trois autres, des dockers, sont placés sous contrôle judiciaire.

Il faudra attendre 2024 pour que la tête du réseau soit repérée, grâce aux travails des enquêteurs rouennais épaulés via EUROPOL et EUROJUST par des policiers et magistrats allemands et espagnols. Ce chef est localisé à Casablanca, au Maroc, où on le suspecte d’avoir organisé toutes les importations, par route ou par mer, notamment de la résine de cannabis et de l’herbe de cannabis depuis le Marco, et de la cocaïne en provenance de Colombie. Ces marchandises étant acheminées verxs les ports du Havre et de Moulineaux en Normandie et de Dunkerque dans le Nord.

Des liens avec les narcotraficants marseillais

Tout en restant discret sur le profil de cette tête de réseau, le parquet de Lille indique qu’il « semble avoir une influence dans d’autres sphères criminelles puisque des liens sont avérés avec d’importants narcotraficants à Marseille ». Le parquet ajoute qu’une « forme d’association » peut être établie entre eux, en vue d’importer de très grosses quantité de stupéfiants depuis l’étranger afin de l’écouler partout en France, pour plusieurs millions d’euros.

Cette tête de réseau est finalement interpellé le 22 février 2025 au Maroc,  et remis aux autorités françaises le 23 septembre dernier. Il a été mis en examen le lendemain pour dix chefs d’inculpation dont l’organisation et la direction de groupement ayant pour objet une activité illicite liée aux stupéfiants, l’importation, et la vente de ces dernier, ainsi que pour blanchiment aggravé et corruption active et passive. Il a été placé en détention provisoire.