Elle est souvent considérée comme peu dangereuse, mais la grippe
peut parfois tourner au cauchemar. En mars 2023, une jeune femme de
35 ans originaire du Haut-Rhin a subi trois
amputations
après avoir contracté le virus de la
grippe A (H1N1)
.

À l’époque, Anaïs menait un quotidien sans histoire dans la
petite ville de Pfetterhouse, dans le
Haut-Rhin
. Elle y vivait avec son mari, Davy, 35 ans, et leur
petite fille Chloé, 4 ans, et exerçait le métier d’aide-soignante à
l’hôpital d’Altkirch (Haut-Rhin). Davy, lui, travaillait comme
technicien pharmaceutique industriel dans une entreprise
suisse.

« Je vais chercher ses affaires dans la chambre et vois une
tâche de sang »

Mais tout a basculé à l’hiver 2023. Le 6 mars, Anaïs consulte
son médecin pour un état grippal. Ce dernier lui
« diagnostique une simple grippe »,
explique Davy,
mais son état empire au fil des jours. « Je rentre du travail.
Nous passons un moment ensemble devant la télévision. Anaïs se sent
fatiguée et va se coucher à 20h30, avant de se lever 50 minutes
plus tard, raconte-t-il dans les colonnes de franceinfo. Quand elle se réveille, elle se
sent vraiment mal et veut dormir sur le canapé. Je suis alerté par
cette démarche. Je vais chercher ses affaires dans la chambre à
coucher et vois alors une tâche de sang. »

Après un appel au SAMU, Davy emmène sa compagne à l’hôpital
d’Altkirch. Sur place, c’est la douche froide. Le médecin
découvre que la saturation en oxygène d’Anaïs est de 80%.

« La norme est habituellement comprise entre 95 et 100%,
au-dessous le pronostic vital est engagé », explique Davy.
Finalement prise en charge par le SAMU, la jeune femme est
transférée d’urgence à l’hôpital de Mulhouse. On lui diagnostique
une dégénérescence globale des organes.

Une dégénérescence des organes suivies d’une nécrose des
extrémités

« Pour les poumons, le scanner montrait une image blanche,
telle la couleur d’un yaourt. Les médecins estimaient qu’il n’y
avait pas de fonction pulmonaire visible. ‘C’est
rempli de mucosités, on ne sait pas si on arrivera à rétablir une
fonction pulmonaire’, qu’ils ont dit. Le médecin dit ‘que
les reins ont lâché, la fonction est absente, et
qu’ils l’ont mise sous dialyse’. J’étais alors glacé,
tétanisé », poursuit le jeune homme.

Stupéfaits par la gravité des symptômes d’Anaïs, les médecins
lui font passer de nouvelles analyses sanguines, qui reviennent
positives à la grippe A, rien d’autre. « On
m’annonce une nécrose des extrémités des pieds et
des mains et possiblement dans le cerveau, mais qu’on ne pouvait
pas passer de scanner car c’est compliqué. On m’a dit qu’on ne
savait pas jusqu’où ça irait », se souvient Davy.

Trois amputations successives

La suite est une succession de complications.
Après « une hyper rétention d’eau », Anaïs souffre d’une
« embolisation de la jambe droite » puis d’une « allergie
importante au produit de contraste pour le scanner » et
« une leucoencéphalopathie postérieure réversible ». Le
1er juin, elle doit subir une amputation des pieds au
niveau du premier métatarse, soit la zone des « orteils et un
peu avant ». Celle-ci sera suivie d’une seconde
amputation au pied gauche, puis d’une amputation totale de son
membre inférieur.
« Ils vont remonter 10 cm sous le
genou. Il n’y a donc plus de tibia et de pied. Cela, suite à une
difficulté de cicatrisation du pied gauche et la perte de mobilité.
L’os a commencé à se figer. »

Aujourd’hui, Anaïs se bat pour continuer à vivre, « par amour
pour nous, ma fille, pour moi », explique Davy. Néanmoins, le
jeune homme tient à partager son histoire pour souligner
l’importance de la vaccination contre la grippe. « Les gens
pensent que ça ne touche que les personnes âgées, alors que cela
peut toucher tout le monde. Cela a une grande importance, car la
grippe tue », souligne-t-il. Un témoignage d’autant plus
important en période d’épidémie
massive de grippe en France
. Selon les spécialistes, le pic des
contaminations devrait intervenir durant la semaine de Noël à
travers l’hexagone.