ANDES-JUAN QUIQUE / Notimex via AFP
En pleine négociation, un fidèle de Trump menace la Russie avec les Tomahawk. Photo d’illustration.
Un argument de poids. Alors que le dernier cycle de pourparlers visant à mettre fin à la guerre en Ukraine n’ont pas permis d’avancées significatives, la question de la fourniture de missiles Tomahawk à Kiev refait surface aux États-Unis. Le sénateur républicain Lindsey Graham, proche allié de Donald Trump, a ainsi déclaré ce dimanche 21 décembre que les États‑Unis pourraient utiliser cette option comme levier pour contraindre la Russie à céder.
« Si Vladimir Poutine refuse la paix, nous devrons changer radicalement la donne », a‑t‑il affirmé sur la chaîne NBC. « Cela passerait notamment par la livraison de missiles Tomahawk à l’Ukraine. (…) Je m’y engagerais pleinement si Poutine persistait dans son refus », a-t-il ajouté.
Ces derniers mois, l’Ukraine a à plusieurs reprises réclamé aux États‑Unis ces puissants missiles, capables de frapper loin derrière les lignes russes. Ce dimanche, Lindsey Graham a souligné que les Tomahawk pourraient permettre à l’armée ukrainienne de « frapper des usines de drones et de missiles situées sur le territoire russe ».
Jusqu’à présent, Donald Trump a refusé toute livraison de ces missiles à Kiev. Il a toutefois, à plusieurs reprises, entretenu le flou sur cette question. Début octobre, évoquant son homologue russe Vladimir Poutine, il avait par exemple déclaré : « Je vais peut‑être lui dire : écoute, si cette guerre ne se termine pas, je vais leur envoyer des Tomahawk. » Par ailleurs, le Pentagone a déjà précisé qu’il dispose de stocks suffisants si une décision politique de transfert d’armes était prise.
« Lents progrès » dans les négociations
De son côté, Vladimir Poutine a précédemment mis en garde les États-Unis, estimant qu’une livraison de missiles Tomahawk constituerait une « escalade » du conflit. « Si de telles armes sont utilisées pour frapper le territoire russe, la réponse sera très forte, pour ne pas dire stupéfiante. Qu’ils y réfléchissent bien », avait‑il avertit.
Alors que les pourparlers de paix doivent encore se poursuivre, la Russie a fait état ce lundi de « lents progrès » tout en dénonçant les « tentatives malveillantes » de certains pays visant à faire échouer les discussions. Les États‑Unis et l’Ukraine, de leur côté, ont salué des échanges « productifs et constructifs ».
Après qu’une première version du plan américain pour l’Ukraine avait été perçue à Kiev comme répondant largement aux demandes du Kremlin, les discussions se concentrent désormais sur une nouvelle version, dont les détails ne sont pas connus. Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ce plan impliquerait des concessions territoriales de la part de l’Ukraine en échange de garanties de sécurité occidentales.