Mauvaise nouvelle pour la France. En septembre
dernier, une étude publiée dans la revue The Lancet
désignait l’Hexagone comme le pays présentant la plus forte
incidence de cancers au monde
. Pour réaliser cette
analyse, les chercheurs du programme Global Burden of Disease
(GBD), piloté par l’Institut pour la mesure et l’évaluation de la
santé (IHME), basé à Seattle, ont étudié les taux d’incidence
standardisés selon l’âge dans 204 pays et territoires.

Les résultats sont sans appel. La France et
Monaco
arrivent en tête des pays comptant le plus grand
nombre de cancers rapportés à leur population, avec respectivement
389,4 et 491,3 cas pour 100 000 habitants. Cette
statistique alarmante, à prendre toutefois avec des pincettes,
s’expliquerait notamment par la consommation d’alcool et de tabac,
mais aussi par l’exposition aux pollutions environnementales.

Les cheveux gris pourraient jouer un rôle protecteur face au
cancer

En France, selon les dernières données de l’Institut national du
cancer (INCa), les cancers les plus fréquents sont

ceux de la prostate
(chez les hommes)
et du sein
(chez les femmes). Le cancer colorectal, qui touche
les deux sexes, arrive juste derrière. Il est suivi de près par le
cancer du poumon, particulièrement répandu chez les hommes.

Le risque de déclarer un cancer pèse-t-il réellement davantage
sur la tête des Français et des Monégasques ? En tout cas, la
« tête du patient » ne serait pas un détail anodin.
À en croire une autre étude, menée cette fois par des chercheurs de
l’université de Tokyo (Japon), les cheveux gris pourraient être une
arme naturelle insoupçonnée face au cancer.

Femme cancer hôpital
©
Shutterstock

Les
cancers les plus courants sont le cancer de la prostate chez les
hommes et le cancer du sein chez les femmes.

Comment les cellules vieillissent et réagissent au stress

Grisonnons-nous moins que nos voisins ? La question reste
ouverte. En revanche, une chose est sûre : les cheveux
gris
,
particulièrement à la mode depuis quelques années
, pourraient
être bien plus qu’un simple marqueur du temps qui passe.

« Les tissus somatiques subissent un déclin fonctionnel avec
l’âge, présentant des phénotypes caractéristiques du
vieillissement, notamment le grisonnement et le
cancer
. Cependant, les génotoxines, les signaux et les
mécanismes cellulaires spécifiques à chaque phénotype demeurent
largement méconnus », expliquent les auteurs de cette étude
dans les colonnes de la revue Nature. Avant d’ajouter :
« Nous rapportons ici que les cellules souches mélanocytaires
(McSC) et leur niche déterminent de manière coordonnée le destin de
chaque cellule souche par des voies antagonistes et réactives au
stress, en fonction du type de dommage génotoxique subi. »

©
Shutterstock

Les
cellules souches mélanocytaires et leur environnement influencent
le destin des tissus vieillissants.

Vieillissement cellulaire et
cancer

Comme le souligne Santé Magazine, « au cours de la
vie, les cellules sont constamment exposées à des facteurs
environnementaux et internes susceptibles d’endommager l’ADN ».
Ces dommages sont connus pour contribuer au vieillissement et au
développement du cancer, mais les scientifiques ont cherché à
comprendre précisément comment ce lien se met en
place
.

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À noter que les chercheurs précisent que cette étude ne signifie
pas que le grisonnement des cheveux protège du cancer, mais plutôt
que la sénodifférenciation constitue une réponse
protectrice au stress
, permettant d’éliminer des cellules
potentiellement dangereuses. « Ces résultats révèlent qu’une
même population de cellules souches peut connaître des destins
antagonistes – épuisement ou expansion – selon le type de stress et
les signaux microenvironnementaux. Cela permet de repenser le
grisonnement des cheveux et le mélanome non pas comme des
événements indépendants, mais comme des résultats divergents des
réponses des cellules souches au stress », conclut le
professeur Emi Nishimura, de l’université de Tokyo.