Pas de culpabilité lorsque vous vous jetterez goulûment sur le plateau de fromages pendant les fêtes: votre cerveau vous remerciera plus tard. Une étude publiée dans la revue de l’Académie américaine de neurologie Neurology met en avant une propriété surprenante du fromage: il limiterait le risque de démence.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la démence touche plus de 57 millions de personnes dans le monde. En France, elles sont 710.000 à vivre avec une forme ou une autre de ce trouble cognitif. Face à ces chiffres, la recherche explore différentes pistes et s’intéresse depuis plusieurs années au rôle de l’alimentation dans la préservation des fonctions cognitives.

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C’est dans ce contexte qu’intervient cette étude suédoise qui assure que la consommation quotidienne d’environ 60 grammes de fromage riche en matières grasses réduirait de 16% le risque de démence. Pour obtenir ce résultat, les scientifiques ont suivi près de 28.000 adultes à Malmö pendant environ vingt-cinq ans, comme le rapporte Fast Company.

Conclusion: les Suédois qui privilégiaient les fromages avec plus de 20% de matières grasses, comme le cheddar, le gouda ou le bleu, s’éloignent d’un égarement intellectuel ultérieur. Mais attention, le lien de causalité ne concerne pas les autres produits laitiers: les yaourts, le lait ou encore la crème ne présenteraient pas les mêmes vertus.

Rien de tel qu’un bon morceau de gouda 

Si la santé cérébrale constitue le nouvel argument phare pour grignoter un petit carré de gruyère, les auteurs de l’étude appellent à la prudence. Les bienfaits du frometon pourraient en réalité refléter une modification des habitudes alimentaires: certains participants auraient délaissé la viande rouge transformée au profit d’une tranche de cheddar fondue. «Ce n’est pas tant que le fromage riche en matières grasses est intrinsèquement neuroprotecteur, mais plutôt qu’il s’agit d’un choix moins nocif que la viande rouge ou transformée», explique Tian-Shin Yeh, médecin nutritionniste à l’Université médicale de Taipei à Taïwan.

Emily Sonestedt, qui a dirigé la publication, se montre plus enthousiaste. Selon elle, les effets bénéfiques des vitamines K et B12 ou du calcium ont déjà fait leurs preuves. Sans trancher définitivement sur la question de la causalité, l’étude «remet en question l’idée que tous les produits laitiers riches en matières grasses sont mauvais pour le cerveau», précise-t-elle.

Ce constat trouve même écho du côté des institutions américaines. Le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux Robert F. Kennedy Jr. a confirmé que l’édition 2026 des recommandations alimentaires fédérales «insistera sur la nécessité de consommer» des graisses saturées, des produits laitiers, de la viande fraîche et des légumes. Méfiance tout de même de ce côté, RFK n’est pas particulièrement réputé pour ses connaissances médicales, lui qui reliait sans sourciller paracétamol et autisme il y a encore peu de temps.

Si certains scientifiques restent sceptiques face à ses nouvelles conclusions –le professeur de médecine à la Harvard Medical School Walter Willet assure ne «pas aller courir acheter un morceau de fromage»– les amateurs de pâte molle pourront au moins se vanter de savourer un aliment bon pour leur cerveau.