Le Parlement français, profondément divisé, a adopté mardi une loi spéciale visant à éviter une paralysie des services la semaine prochaine, à la suite de l’échec des négociations sur le budget 2026.

À quelques jours du Nouvel An, le président Emmanuel Macron et son gouvernement se sont réunis lundi soir pour présenter ce projet de loi.

Il vise à assurer la continuité de la vie nationale et le fonctionnement des services publics, notamment la collecte des impôts et leur redistribution aux collectivités territoriales sur la base des niveaux d’imposition et de dépenses prévus dans le budget 2025, a précisé le gouvernement.

Les députés de l’Assemblée nationale ont apporté plusieurs amendements et voté en faveur du texte mardi soir, suivis par le Sénat. Son adoption s’est faite malgré de profondes divisions entre les trois principaux camps de l’Assemblée, soit le Rassemblement national de Marine Le Pen, la gauche et le gouvernement minoritaire centriste d’Emmanuel Macron.

La prochaine étape sera plus ardue avec l’élaboration d’un véritable budget pour 2026 afin d’éviter une nouvelle crise politique.

Le ministre des Finances, Roland Lescure, a expliqué aux parlementaires que la loi spéciale était une solution provisoire. Il les a incités à travailler rapidement sur un véritable budget pour l’année prochaine.

Le président Macron cherche désespérément à ramener l’énorme déficit budgétaire à 5 % du PIB et à restaurer la confiance des investisseurs dans l’économie française après une longue période de blocage politique et de turbulences provoquées par sa décision malheureuse de convoquer des élections anticipées l’année dernière.

La France affiche un niveau élevé de dépenses publiques, alimenté par des programmes sociaux généreux, la santé et l’éducation, et une forte pression fiscale qui ne suffit pas à couvrir les coûts.

Le premier ministre Sébastien Lecornu, qui a démissionné puis a été réintégré cet automne, a appelé mardi tous les partis à travailler pendant les Fêtes pour trouver des compromis sur le budget 2026, après l’échec d’une précédente tentative la semaine dernière.

Le gouvernement minoritaire de M. Lecornu a obtenu un répit en début de mois lorsque le Parlement a approuvé de justesse un projet de loi budgétaire crucial pour la santé, mais au prix de la suspension de la réforme phare des retraites de M. Macron, qui visait à relever l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans.