Au tournant du quart de siècle, le désordre politique interroge sur l’avenir même de notre modèle social. Inquiétant. Mais, comme le dit la sagesse populaire, on trouve toujours pire que soi. Et, dans le monde en bouleversement, nul doute que 2025 fera date pour l’Europe. Les 27 restent globalement unis autour de l’Ukraine mais, ce n’est certes pas très nouveau, ils manquent d’oxygène politique. De puissance économique. Et souvent de cohésion comme on vient encore de le vérifier sur le dossier du Mercosur. Le plus important est ailleurs : l’Europe, en quelques mois, a perdu repères stratégiques, garanties de sécurité. Et alliances historiques. Le divorce à l’américaine qu’impose l’administration Trump a fait voler en éclats les dernières certitudes atlantistes, particulièrement au nord du Continent européen. L’Amérique qui pourchasse les immigrés, s’arrange avec Poutine, menace le Venezuela ou lorgne sur le Groenland s’est retirée sous son auvent de puissance économique et militaire dominante. Les règles commerciales ont vécu. Cynique, Donald Trump a infligé aux Européens l’humiliation de droits de douane à sens unique. Menaçant, il a tordu le bras de la Commission européenne et des 27 chefs d’État et de gouvernement en jouant du chantage à l’aide militaire à l’Ukraine. Le business d’abord. En interdisant d’accès aux États-Unis l’ex-commissaire européen Thierry Breton, accusé de « gêner » l’activité des Gafam en Europe, Washington passe du racket organisé au registre intimidation/chantage. Contester l’application des lois numériques votées par les dirigeants et 90 % des députés européens pour réguler les réseaux sociaux relève, au mieux, de l’ingérence au cœur de nos démocraties. Inacceptable. Les capitales européennes s’indignent. Le divorce n’est, à ce stade, plus très loin d’être consommé.