Les éboueurs en charge du ramassage des déchets dans 52 communes du sud-ouest de la métropole lilloise sont en grève depuis mardi.
Depuis quatre jours, les éboueurs de la société Deverra de Sequedin (Nord) en charge de la collecte des déchets dans le sud-ouest de la métropole lilloise sont en grève. Mardi, au premier jour de la mobilisation, plus de neuf salariés sur dix étaient ainsi en grève, selon France 3 Hauts-de-France. Au total, quelque 52 communes sont concernées.
Les grévistes dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, notamment la mise en place du monoripage (un seul opérateur à l’arrière du camion). « Les moyens disparaissent et la charge de travail augmente », détaille un représentant de la CGT pour France bleu Ici.
« On est passé de 19 à 14 camions-bennes en l’espace de 3 ans. Maintenant, on se retrouve certains jours à ramasser 2 à 3 tonnes de déchets en plus et on n’arrive même plus à terminer nos tournées. »
« On fait le même travail tout seul alors qu’avant on était deux pour le faire. Physiquement, c’est difficile », abonde Geoffrey De Croock, releveur, pour France 3 Hauts-de-France. « Et tout ça pour le même salaire ». Les grévistes demandent, en plus d’une meilleure rémunération, la réorganisation de leurs tournées.
Les poubelles débordent
Ils dénoncent également une entrave au droit de grève. « La société (Deverra, NDLR) a ramené d’autres chauffeurs du même groupe », accuse Rudy Maléon, le délégué syndical Force ouvrière (FO), auprès de France 3 Hauts-de-France. Ce que la direction dément. Elle « conteste formellement ces accusations » et ajoute que « l’ensemble des mesures mises en œuvre s’inscrit strictement dans le respect du cadre légal et des dispositions relatives à l’exercice du droit de grève ».
La grève a été reconduite jusqu’à lundi. Depuis le début de la mobilisation, les déchets s’accumulent. « La poubelle est pleine, le couvercle ne ferme plus et on doit attendre jusqu’à lundi prochain, il ne faut pas que ça dure trop longtemps », s’inquiète pour La Voix du Nord une habitante d’Hellemmes, une des communes touchées.
« Le trottoir n’est plus très accessible, c’est contraignant. J’ai surtout peur pour les animaux et les nuisibles, puisque les poubelles peuvent être craquées. »
Les salariés de Deverra ont rencontré la direction. S’ils indiquent avoir obtenu des avancées, toutes leurs revendications n’ont toutefois pas été entendues. « On avait demandé une augmentation de 3% des salaires, une prime de fin d’année de 600 euros, ça a été balayé d’entrée par la direction qui nous a proposé 100 euros, c’est pas suffisant », indique un délégué du personnel au quotidien nordiste. « La motivation des salariés elle, est claire et nette, on continue la grève. »