À quelques mois des municipales à Paris, les propriétaires des quelque 100 000 chiens que compte la capitale, sont de précieuses réserves de voix. Les candidats à la mairie ne s’y trompent pas.
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Publié le 26/12/2025 11:06
Temps de lecture : 3min

Une femme et son chien à Paris, en janvier 2024. Photo d’illustration (LUDOVIC MARIN / AFP)
Le chien à Paris, c’est politique. À moins de trois mois des élections municipales, les candidats s’emparent du sujet et y consacrent une partie de leurs programmes. L’enjeu est de taille. Avec 100 000 chiens à Paris, la capitale est l’une des villes au monde avec la plus forte densité de chiens au km2.
Au pied de la tour Eiffel, deux teckels batifolent dans l’herbe sous le regard d’Esteban, 21 ans. Il est dogsitter, son travail est de promener des chiens qui, selon lui, manquent de liberté dans la ville. « J’adore Paris, mais pour les chiens, c’est la pire ville au monde. C’est la ville la moins ‘dog friendly’. On n’a pas le droit de les lâcher sans laisse. C’est dans toute la France. Je me suis déjà pris quatre amendes au Champ de Mars et dans le métro, un chien qui fait plus de dix kilos doit être muselé, s’indigne le jeune homme, qui conclut : Paris, c’est vraiment pas ouf pour les chiens. » Esteban regardera avec attention les programmes canins des candidats.
Un peu plus loin, Norbert et son vieux compère Youkie, qui imite les sirènes des ambulances. Norbert est las des promesses politiques. « De toute façon, les politiques, ils cherchent à avoir des voix. Il y a énormément de chiens, donc énormément d’électeurs. Tous les partis vont tous nous flatter d’une façon ou d’une autre, il ne faut pas se faire d’illusions », souffle le propriétaire canin.
En effet, il y a à Paris 100 000 chiens, soit au moins autant d’électeurs au bout de la laisse, et les politiques ne s’y trompent pas. Le socialiste Emmanuel Grégoire, par exemple, possède un compte Instagram « Hot Dogs with Emmanuel Grégoire ». On le voit tout sourire, caresser des toutous sous le charme, dans des vidéos qui cumulent des centaines de j’aime. La campagne n’étant jamais oubliée, y sont égrenées les propositions pour les chiens.
Maxime Sauvage, sur la liste socialiste, détaille : « La première proposition est de continuer à développer des espaces canins. Il y en a aujourd’hui 43 à Paris. On considère qu’il faut en avoir encore davantage, que chaque propriétaire de chien puisse en avoir un à dix ou quinze minutes de chez lui. C’est aussi avoir la possibilité petit à petit de permettre d’être avec son chien promené en laisse dans tous les parcs parisiens ». Autre mesure de la gauche : offrir aux chiens des personnes sans abris, des consultations vétérinaires gratuites.
La droite n’est pas en reste. Rachida Dati organise régulièrement des apéros canins dans sa mairie du 7e arrondissement avec un florilège de photos sur les réseaux sociaux. Les chiens, ça fait du clic. Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizon, promet de créer un grand parc canin à côté de l’Hôtel de ville, près de la Seine : « là, ils pourraient être évidemment sans laisse, puisque ce serait une zone protégée pour les chiens et leurs propriétaires. Les chiens, comme d’autres animaux, sont nos amis et ils vivent dans notre ville et nous sommes ensemble. Donc c’est un sujet. Ce n’est pas anecdotique. C’est un progrès dans une société de bien respecter les animaux. Quand on les respecte bien, généralement on respecte bien aussi les personnes. »
Une myriade de propositions, de gauche à droite, pour un meilleur partage de l’espace public avec les chiens. Reste à savoir si cela pèsera vraiment dans le scrutin parisien, en mars prochain.