Alain Roche, lorsqu’il était directeur sportif des Girondins.

Alain Roche, lorsqu’il était directeur sportif des Girondins.

SudOuest

Qu’est-ce qui vous a marqué sur cette année 2025 de football ?

La victoire en Ligue des champions du Paris Saint-Germainforcément. Leur parcours depuis la victoire contre Manchester City [NDLR : 4-2 le 22…

Alain Roche, lorsqu’il était directeur sportif des Girondins.

Alain Roche, lorsqu’il était directeur sportif des Girondins.

SudOuest

Qu’est-ce qui vous a marqué sur cette année 2025 de football ?

La victoire en Ligue des champions du Paris Saint-Germain forcément. Leur parcours depuis la victoire contre Manchester City [NDLR : 4-2 le 22 janvier] est exceptionnel, sur les résultats et dans la manière. J’ai eu la chance de vivre tous les déplacements comme supporter. Quand ils ont éliminé Liverpool, la meilleure équipe de Premier League alors [0-1, 1-0, 4-1 t.a.b les 5 et 13 mars], je me suis dit qu’ils pouvaient aller au bout. Hormis Barcelone qu’ils auraient pu retrouver en finale, je ne voyais pas qui pouvait les en empêcher.

Est-ce la meilleure équipe qu’il n’y ait jamais eue en France ?

Pour moi, oui. Elle allie technique, jeu, dépassement de soi, solidarité. Elle a gagné d’autres supporters par son exemplarité. Quand je suis en province, je ressens une sympathie pour elle. L’entraîneur [Luis Enrique] ne fait pas de bruit, ne se plaint jamais des erreurs d’arbitrage. Et en France, elle n’est que la deuxième à gagner la C1 donc forcément, c’est au moins l’équipe d’une époque. Rien qu’avec notre succès en Coupe des Coupes [avec Paris en 1996], on avait marqué une génération au PSG.

En tant qu’ancien joueur (1992-1998) et directeur sportif (2006-2012) du PSG, est-ce un aboutissement du parcours du club ?

Oui car il court après depuis des années. Mon époque est lointaine maintenant. Mais depuis qu’il a été repris par le Qatar, le club s’en donne les moyens avec l’argent dépensé dans les transferts. Tout le monde est content d’avoir vu passer les plus grands joueurs du monde. Le changement de stratégie est peut-être venu tardivement, mais il faut parfois faire des erreurs pour les analyser et gagner. Je lui souhaite maintenant qu’il se maintienne au sommet. Il a les moyens de garder ses joueurs, ce qui n’est pas le cas de tous. Il a l’atout d’être dans la plus belle ville du monde, d’avoir un vivier de jeunes colossal et d’attirer plus que jamais les autres.

Que pensez-vous de la manière dont ils ont enchaîné après le titre ?

Ce que j’aime avec Luis Enrique est qu’il affiche ses ambitions d’entrée. Il veut gagner à nouveau la Ligue des champions. Je les trouve performants en Europe où ils montent le curseur par rapport à la L1. Contre Rennes [victoire 5-0 le 6 décembre après une défaite 1-0 à Monaco], ils y ont retrouvé leurs standards. Avec la Coupe du monde des clubs puis la Supercoupe d’Europe, ils n’ont pas eu de vacances et il fallait bien se douter qu’il y aurait des blessures, une période où ils seraient moins dominateurs. Mais ils assument en lançant des jeunes, ils sont deuxièmes en championnat et presque déjà qualifiés pour les huitièmes en C1. On peut penser que quand tout le monde sera revenu, ils seront à nouveau au top au printemps.

L’année 2025 a été celle de la première Coupe du monde des clubs. Qu’en avez-vous pensé ?

J’ai commencé à m’y intéresser à partir des quarts de finale car c’était une mini Ligue des champions délocalisée. Pour le reste, c’était des stades pas pleins, des chaleurs accablantes avec de nombreuses coupures pour s’hydrater. C’est une compétition de plus qui met à mal les organismes des joueurs. Les clubs qui y participent nient toute sorte de méfait, parce qu’ils s’y retrouvent financièrement. Malheureusement, la voix des joueurs n’est pas très écoutée.

« Le Ballon d’Or d’Ousmane Dembélé, c’est la reconnaissance d’un talent qui n’avait jusqu’ici jamais trouvé le bon contexte pour s’exprimer pleinement »

Que retenez-vous d’autres ?

Le Ballon d’Or d’Ousmane Dembélé. C’est la reconnaissance d’un talent qui n’avait jusqu’ici jamais trouvé le bon contexte pour s’exprimer pleinement et est devenu efficace en sept mois. Au-delà, c’est celle du collectif du PSG et d’un football moderne où, pour gagner, vous devez avoir des attaquants qui courent, pressent. J’ai adoré son discours, très humble. Après des années d’hégémonie de Messi et Ronaldo, ça montre, après Rodri en 2024, que les journalistes ont changé d’approche dans leur vote. Marquer ne suffit pas.

Après, sur les événements de 2025, je ne peux pas occulter la qualification de l’équipe de France à la Coupe du monde 2026. On peut dire que c’était un groupe facile, il faut répondre sur le terrain. Ils l’ont fait comme d’habitude avec Didier Deschamps.

Est-ce une bonne chose qu’il ait annoncé tôt son départ ?

Oui car il est apprécié. Il y a toujours des gens à l’extérieur qui critiquent le jeu mais moi je préfère aller célébrer sur les Champs-Élysées que m’arrêter en quart de finale. Ça l’a peut-être soulagé aussi car il payait dans l’opinion le fait que sa prolongation ait été décidée en catimini avec Noël Le Graët après 2022. Il se fait moins fracasser aussi dans les médias, alors qu’il l’était souvent injustement au vu de son palmarès.

Et que retenez-vous au niveau des clubs ?

L’arrivée de la famille Arnault comme propriétaire du Paris FC. C’est bien pour le football français dans cette période difficile, pour Paris qui était la seule grande capitale avec un seul club au plus haut niveau. Ça prendra du temps mais j’y crois car Red Bull est une entité qui a un savoir-faire éprouvé et que les Arnault ont la tête sur les épaules. Même si le foot peut faire perdre l’esprit de rigueur, je pense qu’ils peuvent devenir un acteur intéressant de Ligue 1 dans les prochaines années.