D’après un sondage mené par OpinionWay, une Française sur deux a déjà évité d’utiliser un moyen de transport par peur d’une agression. Un sentiment d’insécurité exacerbé la nuit. En ville, plusieurs dispositifs sont sur la table, avec d’éventuels tramways pensés pour la nuit et le renforcement de la brigade de Lignes d’Azur annoncé à Nice-Presse.

Les statistiques sont sans équivoque. Nous les développions dans cet article en date du 3 novembre. La Mission interministérielle pour la protection des femmes nous apprend qu’elles sont sept sur dix à avoir déjà été victimes d’agressions sexistes ou sexuelles dans les transports franciliens. Un problème national, évidemment.

En ce mois de décembre, OpinionWay a mené une étude auprès des Françaises pour l’entreprise de VTC Bolt. Avec là aussi des chiffres terribles. Par exemple, quasiment une personne sur deux a admis renoncer à une sortie faute d’une solution sûre pour rentrer (46%). Et chez les jeunes – 18-24 ans – c’est encore pire, puisqu’on monte à deux tiers des interrogées !

La sécurité, la préoccupation n°1 des femmes qui rentrent seules

Or, cette question de la sécurité est la principale préoccupation de six personnes sur dix au moment de choisir comment revenir chez elles la nuit. C’est beaucoup plus que la rapidité (13%), la disponibilité (10%) ou le prix (7%). Au point de parfois renoncer à se déplacer. Les transports en commun sont les plus concernés (77%) devant même le fait de marcher dans la rue (50%).

Le métro, le bus ou encore le tramway suscitent d’ailleurs la défiance de deux tiers des femmes, engendrant du stress (43%), et les « incitant » à changer leur manière de s’habiller (65%). Tout cela joue donc sur leur vie sociale et leur bien-être, « avec une charge mentale liée à la mobilité nocturne ».

Elles sont ainsi très nombreuses – plus de neuf sur dix – à avoir mis en place des « stratagèmes » lorsqu’elles rentrent seules. Une sur deux emprunte des rues plus fréquentées ou éclairées, entre autres. On notera qu’elles sont quatre sur dix à téléphoner à un proche ou encore 15% à activer leur localisation en temps réel.

Du mieux dans les transports individuels, mais…

On peut alors penser que la situation est meilleure pour les transports individuels (taxis, VTC), ce qui est en partie le cas. Le sentiment de sécurité est en effet plus élevé (74%) qu’ailleurs (34%), mais on y relève toujours des comportements déplacés, particulièrement des regards insistants et des conversations inappropriées. Un phénomène touchant majoritairement les 18-24 ans. 

Face à ces fléaux, trois femmes sur quatre affirment qu’il faut des dispositifs spécifiques en ville. Parmi les pistes évoquées, les boutons SOS, le partage de trajet et le fait de pouvoir choisir un chauffeur du même genre. Néanmoins, cette option est freinée par la surreprésentation des hommes dans le secteur.

Des trams de nuit avec des vigiles ?

IMG 8671Gaël Nofri accompagné de Monique Bailet, le 31 décembre 2024 [© Nice-Presse]

Sur ce sujet, les choses évoluent à Nice, comme le développait Gaël Nofri, le président de Lignes d’Azur, dans nos colonnes ces derniers jours. 

Si le maire sortant, Christian Estrosi, était réélu, alors les trams devraient circuler la nuit les vendredis et samedis, avec des vigiles à leur bord, dès mars 2026. 

« Il y aurait en tout deux rames, sur les lignes 1 et 3. […] Pourquoi aurons-nous des agents de sécurité dans ces tramways nocturnes ? Pour que des SDF ne détournent pas leur usage et que les femmes seules puissent se déplacer sans crainte » justifiait-il ce 18 décembre.

L’élu niçois assure que « nous avons l’un des réseaux les plus sûrs de France. Les agressions avec violence sont en baisse de 18%. La situation est plutôt bonne puisque des caméras sont embarquées dans les bus et trams » rappelle-t-il.

« Dans ces derniers, il y a des boutons SOS reliés à la police municipale (de même que les stations). Nous avons créé une brigade de nuit, et je vous annonce que nous allons, l’an prochain, muscler encore ses effectifs. »