Par
Thomas Rideau
Publié le
27 déc. 2025 à 7h56
On espère qu’il n’y aura pas un épilogue à la Festen. Film culte de Thomas Vinterberg autour d’un repas de famille qui dégénère, un peu. Dans d’autres genres, on peut penser aux excès de La Grande Bouffe, la nourriture suspecte de Soleil Vert, la scène du repas dans Titanic, la danse des petits pains de Chaplin dans la Ruée vers l’Or… Le cinéma parle souvent de nourriture et le nombre de scènes de repas passées à la postérité est innombrable. Et c’est peut-être pour ça que Camille Labé, gérante de la salle de l’Épée de Bois, dans le 5e arrondissement de Paris, a décidé de mélanger les deux arts – gastronomique et cinématographique.
Arancini devant Vacances Romaines
Ici, pas de Kloug à la mode du Père Noël est une Ordure. Camille Labé a eu l’idée de « décloisonner » le cinéma et la nourriture dans sa salle. « ça se fait déjà beaucoup à l’étranger », note-t-elle. Mais, elle a voulu pousser le curseur encore plus loin : et si elle servait des plats en rapport avec le film projeté à l’écran ?
De quoi faire frémir avant une séance du Silence des Agneaux ou de Sweeney Todd ?
« On propose une collation salée et sucrée. Ce n’est pas tout à fait un repas », nuance-t-elle. Et à chaque fois, les mets sont préparés par un établissement qui a un lien avec le film. Ces séances labellisées « gourmépée » ont lieu une fois par mois. Et la prochaine ? Ça sera le 26 janvier, avec Vacances Romaines de William Wyler avec Audrey Hepburn. Au menu, pour les spectateurs, « ça sera sans doute un arancini et une sorte de panettone, mais ça reste à confirmer ».
Avant Noël, c’est l’inévitable La Vie est Belle de Capra, accompagné de quelques « christmas sandwiches » qui a été projeté.
Mais associer dégustation et cinéma est un défi technique. « On distribue la nourriture avant le début de la séance. Mais il faut que ce soit quelque chose de très facile à manger avec les doigts », note Camille Labé. « C’est un challenge. On doit tout optimiser », explique-t-elle avec enthousiasme.
« Pour la première séance Gourmépée, on a utilisé un papier qui faisait beaucoup de bruit pendant le film », se souvient-elle. Elle tente désormais d’éviter tous les pièges. Et même les bruits de mastication. « On fait en sorte de proposer des plats qui ne nécessitent presque pas de mastication », souligne-t-elle. « On respecte le film. »
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« C’est marrant. On voit les spectateurs avoir leur propre habitude. Certains mangent dès que les en-cas sont servis quand il y a de la lumière. D’autres attendent d’arriver au moment du film où les acteurs mangent le plat en question. »
Camille Labé
Elle semble en tout cas avoir trouvé son public. Lancé au printemps 2024, Gourmépée commence à réunir des habitués. « Pour La Vie est Belle on a eu les deux salles complètes », se réjouit-elle. On attend désormais avec hâte la projection de Ratatouille dans le cadre de Gourmépée.
L’Épée de bois, rue Mouffetard. Pour une séance Gourmépée, comptez le prix d’une place + neuf euros.
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