Certaines villes se regardent d’autres se dessinent. Pour Aline Perez, Lamballe est devenue une muse à part entière. « La pierre, la brique, les façades… Il y a encore des rues avec des vestiges », raconte l’aquarelliste, installée à Sévignac depuis huit ans. Originaire de Lorient, passée par le sud-ouest de la France et La Réunion, elle a trouvé ici un décor pour son univers « bucolique, cosy, romantique et vintage ».

Les deux cartes postales qu’Aline Perez a dessinées pour le Sherlock Coffee, sont disponibles à la vente sur place.Les deux cartes postales qu’Aline Perez a dessinées pour le Sherlock Coffee, sont disponibles à la vente sur place. (Le Télégramme/Morgane Bréfort)

Très attachée au territoire, l’illustratrice met en lumière les commerces et les lieux du centre-ville lamballais. Mamma Mia et l’Atelier du Chat Jaune figurent déjà sur ses cartes illustrées. Une démarche artisanale qui a rapidement séduit l’association Les Vitrines de Lamballe.

J’ai besoin de vivre à un endroit où les saisons sont marquées.

Un café, un carnet et une chienne

C’est pourtant sur une table du Sherlock coffee que tout a commencé. Une palette bien creusée, des pinceaux en bois, de l’encre de Chine, du papier de qualité et, presque toujours, une tasse de thé au lait ou de matcha. C’est dans ce décor feutré qu’Aline a pris l’habitude de travailler. À ses pieds, Rosie, sa chienne, qu’elle décrit avec humour comme sa « collaboratrice qui n’en fiche pas une ».

Sur sa table, une palette bien creusée, des pinceaux en bois et un carnet bien rempli.Sur sa table, une palette bien creusée, des pinceaux en bois et un carnet bien rempli. (Le Télégramme/Morgane Bréfort)

À son compte depuis le mois d’octobre, l’aquarelliste a eu l’idée de peindre deux premières cartes représentant le Sherlock, avant d’élargir son regard à d’autres enseignes. « Petit à petit, l’idée a fait son chemin », raconte-t-elle. Avec son mari Michaël, collaborateur à temps plein qui gère notamment le nettoyage numérique de ses œuvres, elle lance Les Gribouillis d’Aline. Une boutique d’illustrations en ligne doit voir le jour au printemps, tandis qu’une série de cartes dédiées aux commerces de Lamballe est en cours de développement. Elle y proposera des reproductions de ses aquarelles, et tient à le préciser : « Je ne suis pas graphiste, je vends uniquement les impressions de mes œuvres originales. »

Rosie, son bouledogue anglais âgé de 6 ans, toujours à ses côtés lorsqu’elle dessine au Sherlock.Rosie, son bouledogue anglais âgé de 6 ans, toujours à ses côtés lorsqu’elle dessine au Sherlock. (Le Télégramme/Morgane Bréfort)« On peut maîtriser la peinture tout en la laissant aller »

Si le dessin accompagne Aline depuis l’enfance, c’est durant la pandémie qu’elle s’est tournée vers l’aquarelle. Une technique qui correspond parfaitement à son univers. « C’est doux. On peut maîtriser la peinture tout en la laissant aller ».

L’aquarelle est la technique coup de cœur de l’illustratrice, qui dessine depuis toujours.L’aquarelle est la technique coup de cœur de l’illustratrice, qui dessine depuis toujours. (Le Télégramme/Morgane Bréfort)

Son processus est précis. Passionnée de photographie, elle commence par cadrer ses sujets à travers l’objectif, avant de réaliser un croquis. Le dessin est ensuite fixé au liner, à l’encre de Chine. Une fois sec, l’aquarelle vient colorer l’ensemble. « C’est paradoxal, parce que je canalise l’aquarelle avec le liner », sourit-elle. Les teintes, elles, évoluent au fil de l’année. « Je donne la chaleur des tons en fonction des saisons. »

L’hiver s’est emparé de la vitrine du café dessinée et imaginée par Aline Perez.L’hiver s’est emparé de la vitrine du café dessinée et imaginée par Aline Perez. (Le Télégramme/Morgane Bréfort)Peindre la ville au fil des saisons

« J’ai besoin de vivre à un endroit où les saisons sont marquées ». Inspirée par la Bretagne et ses variations de lumière, Aline travaille au rythme des saisons. Cet hiver, elle a d’ailleurs réalisé la vitrine du Sherlock, peinte au Posca et à l’acrylique. Un exercice différent, mais fidèle à son univers.

« C’est ma collaboratrice qui n’en fiche pas une » : Aline travaille toujours en compagnie de sa chienne, Rosie.« C’est ma collaboratrice qui n’en fiche pas une » : Aline travaille toujours en compagnie de sa chienne, Rosie. (Le Télégramme/Morgane Bréfort)

Parmi ses projets, l’artiste souhaite développer, en partenariat avec l’Office de tourisme, une série de cartes postales consacrées aux endroits atypiques de Lamballe. Numérotées et proposées en série, elles raconteraient « les petits trésors cachés et les pépites de la ville ». À plus long terme, elle rêve aussi de voir ses aquarelles imprimées sur des céramiques anglaises.

Pratique

Aline Perez propose également des ateliers d’aquarelle débutant, pour apprendre les bases et « quelques techniques de pro ». Lundi 29 décembre, à 15 h, stage ado à L’Atelier du Chat Jaune (32 €, goûter compris) ; mardi 6 janvier, à 15 h, au Mamma Mia ; mardi 13 janvier, à 14 h 30, au Sherlock coffee. Tarif : 25 €, consommation à prendre à sa charge sur place et matériel inclus. Bons cadeaux également disponibles (à offrir). Inscription à lesgribouillisdaline@gmail.com, au 07 50 18 10 30, ou sur Instagram :@lesgribouillis.daline.