Noël à l’hôtel. Ce n’est malheureusement pas un téléfilm du moment avec Monte-Carlo en toile de fond mais la réalité de dizaines de riverains de l’ex-collège Charles-III qui, évacués de leur logement à titre préventif ce mercredi, passent les fêtes de fin d’année dans un hôtel de Monaco. Sauf à disposer de leur propre solution alternative d’hébergement.

« Nous voulions permettre aux familles de passer Noël en toute sécurité plutôt que les yeux rivés sur un indicateur », justifiait ce mercredi après-midi la conseillère de gouvernement-ministre de l’Équipement et de l’Urbanisme, Céline Caron-Dagioni, lors de la conférence de presse détaillant les raisons de la mise en œuvre de ces évacuations préventives. Récit.

Samedi 20 décembre, 11 h 23 : le gouvernement adresse un communiqué à la presse, annonçant que les lycéens d’Albert-Ier, scolarisés cette année dans l’ex-collège Charles-III, feront leur rentrée de janvier en distanciel « en raison des dernières mesures de suivi qui font apparaître une accélération du phénomène de déformation » de la paroi de soutènement du talus qui surplombe l’ancien collège.

Livrée en 1969 dans le quartier de La Rousse (Annonciade), l’ancien collège Charles-III accueillent provisoirement les lycéens d’Albert-Ier cette année à Monaco. Le talus menaçant se situe à l’arrière de ce bâtiment principal.

Samedi 20 décembre, 14 h 30 : Monaco-Matin constate sur site l’intervention d’ouvriers d’une société monégasque spécialisée dans les opérations de soutènement. Des tirants actifs commencent à être posés sur le mur défaillant pour maîtriser la pression exercée par le talus.

Lundi 22 décembre : le parking de l’Annonciade est fermé.

Lundi 22 décembre, 14 h 40 : le ministre d’État, Christophe Mirmand, se rend sur site pour mesurer l’ampleur des travaux avec des experts. Au 1er étage de l’ex-collège Charles-III, un mur a été déposé pour accéder à la portion de la paroi de soutènement qui inquiète.

Mardi 23 décembre, 16 h 52 : nouveau communiqué de presse du gouvernement annonçant « que les résidents des immeubles alentours concernés par un risque de glissement du talus ont été contactés ». « Les données indiquent qu’un seuil critique pourrait être atteint, qui justifierait la mise en œuvre d’une évacuation préventive des immeubles qu’ils occupent », précise le ministre d’État.

Mardi 23 décembre, 17 h 01 : des riverains des immeubles Point du Jour et Virginia Plaza, situés dans la « zone d’influence géotechnique », commencent à nous faire parvenir le courrier qui leur a été remis par des agents de la Sûreté publique. « Des travaux de confortement sont en cours et des mesures supplémentaires seront effectuées par un cabinet spécialisé. Les premiers résultats de ces interventions seront connus à partir du 26 décembre prochain et, au plus tard, le 4 janvier 2026. »

Le courrier prépare surtout les riverains à partir à la hâte. « Un seuil critique pourrait être atteint, qui justifierait la mise en œuvre d’une évacuation préventive des immeubles vulnérables. » Ainsi est recommandé aux personnes concernées de préparer « un sac d’affaires de rechange, un nécessaire de toilette, papiers, documents essentiels et médicaments indispensables ».

De son côté, la police municipale de Beausoleil alerte les habitants des immeubles situés aux 24 et 26 du boulevard Guynemer, de l’éventualité d’une évacuation. Trois autres bâtiments sont ciblés mais inoccupés [finalement seront aussi évacués le 24 décembre des résidents du 31, rue des Orchidées, ndlr].

Mercredi 24 décembre, 11 h : une réunion de crise est organisée au Ministère d’État. Une cellule de crise, pilotée par le directeur général du Département de l’Intérieur, Christophe Prat, est activée à l’issue par le ministre d’État.

Mercredi 24 décembre, 12 h 59 : le gouvernement invite la presse au Ministère d’État à 15 h « afin de faire un point d’étape ».

Mercredi 24 décembre, 14 h : Monaco-Matin est alerté par des habitants du quartier de l’Annonciade du déploiement de pompiers, agents de la Sûreté publique et Carabiniers du Prince autour du collège Charles-III.

Mercredi 24 décembre, 14 h 16 : Lors du point presse de 15 h, le colonel Tony Varo, commandant supérieur de la Force publique (pompiers et Carabiniers), détaille le dispositif qui vient d’être enclenché. « Les opérations d’évacuation ont démarré de manière concomitante en France et à Monaco à 14 h 16. Il y a d’abord eu une neutralisation de l’avenue de l’Annonciade, qui sera fermée à la circulation et aux piétons pour des raisons de sécurité évidente. Le dispositif a été clôturé, puis sapeurs pompiers et policiers se sont présentés aux résidents qui avaient été identifiés au préalable… »

Les Carabiniers du Prince assurant notamment l’acheminement des Monégasques et Beausoleillois qui le souhaitaient vers l’hôtel mis à disposition, au moyen de deux mini-bus spécialement affrétés et « avec un accueil privilégié ».

La conseillère de gouvernement-ministre Céline Caron-Dagioni confirme, elle, que le « seuil d’alerte critique » a été atteint les heures précédentes. Et justifie l’évacuation ainsi : « la pression constatée ces derniers jours sur le mur a été stabilisée, mais à un niveau qui reste trop élevé en termes de prévention ». Assurant que le périmètre de sécurité n’inclut pas la Tour Odéon, qui s’avère « autoporteuse ».

Présent à la conférence, le conseiller-ministre des Affaires sociales et la Santé, Christophe Robino, insiste sur la mobilisation de l’ensemble des Départements du gouvernement. « Il y a un accompagnement des résidents tout au long de leur parcours. Les équipes de la Fonction publique les informent et orientent. Une veille est également assurée pour réorienter vers la structure d’accueil des personnes qui n’auraient pu être contactées et se présenteraient. »

Jeudi 25 décembre : ce jeudi, une société privée assurait la surveillance de la zone, derrière les barrières interdisant notamment l’accès à l’avenue de l’Annonciade. Sur place, si les rumeurs allaient bon train quant à la solidité de ce mur surveillé depuis les années 70 et muni de capteurs depuis les années 2000, le calme régnait.

Le gouvernement devrait à nouveau faire un point d’étape lundi, avant de préciser avant la rentrée le lieu où les 840 lycéens d’Albert-Ier poursuivront leur scolarité, après quelques jours de travail à distance.