Dommage : la dernière partie lui réservait une bonne surprise. Il a fallu qu’Axel R. repasse par les geôles du palais de justice de Nice, le temps de se calmer, pour revenir ensuite écouter la sentence complète. Un final agité, à l’image de son attitude générale.

Magistrats, avocats, conseillers d’insertion et de probation… Axel R., 50 ans dans quelques jours, en veut à beaucoup de monde. En particulier à ceux qui portent une robe noire. Ce prévenu égocentré, au profil conspirationniste, se présente comme victime de la société. Mais mercredi, c’est la société qui est venue lui demander des comptes.

La victime, la vraie, n’est ni présente, ni représentée. Me Corentin Delobel est lui-même avocat au barreau de Nice. C’est lui qui a été menacé de mort par Axel R., entre octobre 2024 et décembre 2025, à longueur d’appels masqués, de SMS et de mails malveillants. Trop c’est trop : l’avocat s’est résolu à déposer plainte et à se constituer partie civile. Mais il n’a pas souhaité assister au procès ; il en avait déjà suffisamment entendu.

Déjà incarcéré pour un précédent

Que lui reproche donc Axel R. ? De ne pas avoir agi dans le sens qu’il souhaitait. Certes, il avait mandaté Me Delobel pour défendre les intérêts de sa mère – et les siens, pensait-il. Mais l’état de vulnérabilité de sa mère a conduit la justice à la placer sous tutelle, et à la confier à un Ehpad sans en informer Axel R. L’intéressé ne l’a pas supporté.

C’est alors que débute le calvaire de Me Delobel. Mais il n’est pas le seul. Juge des tutelles, magistrate du parquet… De nombreux intervenants ont eu droit aux insultes et menaces d’Axel R. À l’instar de son précédent avocat. Ce qui lui a déjà valu de passer quatre mois en détention.

En début de semaine, Axel R. est brièvement repassé par la case prison. Les policiers l’ont interpellé au domicile de sa mère, à Nice-Ouest, où il s’est installé entretemps. Une garde à vue et une expertise psychiatrique plus tard, le voici jugé pour « envois réitérés de messages malveillants » et « menace de mort à l’encontre d’un avocat ». L’expert n’a pas constaté d’abolition du discernement.

À défaut, Me Hélène Badea plaide l’accès de colère, pour expliquer l’agressivité de ce client ingérable. Le procureur Anthony Carello requiert 18 mois de prison ferme. Le tribunal s’en tient à 12 mois – une peine aménageable. Axel R. a l’interdiction de contacter Me Delobel pendant trois ans. Et il doit lui verser, à titre de dédommagement, l’euro symbolique que réclamait l’avocat.