Volodymyr Zelensky doit rencontrer Donald Trump dimanche 28 décembre en Floride pour plaider la cause de l’Ukraine et tenter de décrocher l’accord du président américain sur la dernière version du plan de paix visant à mettre fin à près de quatre ans de guerre avec la Russie. Le chef d’État ukrainien, qui arrive avec ses dernières propositions sur la difficile question des territoires, sera reçu à Mar-a-Lago, à partir de 19 h, heure de Paris.

La rencontre pourrait être de nouveau mouvementée. Le président ukrainien n’aura « rien tant que je ne donne pas mon accord », avait déclaré le président américain à Politico vendredi, plantant le décor. Donald Trump s’était néanmoins montré confiant. « Je pense que ça se passera bien avec lui. Je pense que ça se passera bien avec (le président russe Vladimir) Poutine », avec lequel il prévoit de s’entretenir « bientôt ». La dernière rencontre entre les dirigeants américain et ukrainien en octobre, quand Volodymyr Zelensky avait demandé en vain des missiles Tomahawks, n’avait pas été particulièrement chaleureuse.

Le président ukrainien a pour sa part espéré, samedi lors d’une escale au Canada, que la rencontre soit « très constructive » et s’est entretenu au préalable avec ses alliés européens. Ces derniers l’ont assuré de leur « plein soutien », selon le chancelier allemand, Friedrich Merz. Au Canada, Volodymyr Zelensky a obtenu une nouvelle aide économique de 2,5 milliards de dollars canadiens, l’équivalent de 1,5 milliard d’euros, de son homologue Mark Carney.

L’agacement de Donald Trump

À la veille de cette rencontre en Floride, Moscou a envoyé des centaines de drones et des dizaines de missiles bombarder Kiev et sa région, tuant deux personnes et laissant plus d’un million de foyers sans électricité. Une attaque qui illustre « la réponse de la Russie à nos efforts de paix », a estimé samedi Volodymyr Zelensky.

Donald Trump ne cache plus son agacement face à l’étirement des négociations. Il « est extrêmement frustré par les deux camps », avait déclaré le 11 décembre sa porte-parole, Karoline Leavitt. Le 19 décembre, le dirigeant américain avait pressé l’Ukraine de « bouger ». Volodymyr Zelensky le convaincra-t-il d’adresser le même genre de message à Moscou, alors que la dernière version du plan paraît inacceptable pour les Russes ?

Le sommet en Floride suit de peu la présentation par le président ukrainien d’une nouvelle version du plan américain visant à mettre fin à la guerre, remanié après des pourparlers avec l’Ukraine, au grand dam de Moscou. Après une première version qui reprenait de nombreuses revendications russes, le Kremlin juge qu’avec cette dernière mouture, Kiev cherche à « torpiller » les pourparlers.

Le document en 20 points propose de geler les positions sur le front sans répondre à la demande russe d’un retrait des forces ukrainiennes des quelque 20 % de la région orientale de Donetsk qu’elles contrôlent encore. Ce nouveau texte ne comprend plus aucune obligation juridique de non-adhésion à l’Otan pour l’Ukraine, une autre requête capitale du Kremlin.

Des garanties de sécurité

Outre le sort du Donbass, cette région de l’est de l’Ukraine que Moscou revendique, et celui de la centrale nucléaire de Zaporijia, occupée par les soldats russes, dans le Sud, les deux dirigeants devraient évoquer les garanties de sécurité que les Occidentaux pourraient fournir dans le cadre d’un éventuel accord de paix. Ces « garanties de sécurité doivent arriver en même temps que la fin de la guerre », a insisté Volodymyr Zelensky samedi.

« Si les autorités de Kiev ne souhaitent pas régler ce différend pacifiquement, nous réglerons tous les problèmes qui se présentent à nous par la force », a lancé samedi le président russe, Vladimir Poutine. Il a ajouté que « les dirigeants du régime de Kiev ne sont pas pressés de résoudre ce conflit pacifiquement ». « J’en avais déjà parlé il y a un an lors d’un discours au ministère des Affaires étrangères », a-t-il rappelé.

Le président américain a récemment laissé entendre que l’Ukraine avait tout intérêt à figer le plus vite possible la ligne de front face à de futures avancées russes, qu’il juge inévitables. « La Russie a l’avantage. Et elle l’a toujours eu », a-t-il lancé le 8 décembre.

Quoi qu’il en soit, la paix devra préserver la « souveraineté » et « l’intégrité territoriale » de l’Ukraine, a souligné samedi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après un entretien téléphonique avec Volodymyr Zelensky. Dans une interview à l’agence Tass publiée tôt dimanche, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé que « l’Union européenne est devenue le principal obstacle à la paix » et rappelé que Moscou poursuivrait son « engagement auprès des négociateurs américains afin d’élaborer des accords durables qui s’attaquent aux causes profondes du conflit ».