l’essentiel
La suppression de toutes les places de stationnement dans la rue du lycée Berthelot, transformée en vélorue, ne permet plus à Laurent de se garer pour venir chercher sa tante âgée.
La suppression des places de stationnement dans Toulouse au profit du vélo ou de la piétonnisation ne fait pas que des heureux. Dans le quartier Saint-Michel, tous les emplacements de la rue François-Longaud, celle du collège et lycée Berthelot, ont été supprimés à la rentrée à la suite de la transformation de cette voie en « vélorue ».
Ce qui a provoqué la colère de Laurent. Cet habitant de Launaguet vient régulièrement rendre visite à sa tante âgée de 83 ans qui habite dans une résidence de cette rue. Handicapée, cette personne âgée « a des difficultés pour marcher rapidement et souffre de déficience visuelle. Elle ne peut pas se déplacer seule sans risquer de trébucher. C’est pourquoi ma présence est indispensable pour l’aider ».
2 000 collégiens et lycéens
Jusqu’à présent, Laurent trouvait une place dans la rue où il pouvait laisser sa voiture le temps d’aller chercher sa tante. Aujourd’hui, il ne comprend pas qu’il n’y ait plus un seul stationnement, ni même pour « une ambulance, les pompiers, un taxi… »
L’automobiliste a écrit au maire de quartier, Jonnhy Dunal, pour lui exprimer son mécontentement. La rue François-Longaud, lui a répondu l’élu, est un cas particulier car elle a été choisie pour faire le lien à vélo entre la Grand-Rue-Saint-Michel et les berges de la Garonne. D’où sa transformation en vélorue, c’est-à-dire une rue où les cyclistes sont prioritaires. Et d’autre part, les trottoirs, de chaque côté, ont été élargis en raison du passage quotidien des 2 000 collégiens et lycéens. « Leur sécurité constitue une priorité », explique le maire de quartier. La vélorue est nettement identifiable avec son revêtement rouge. Et des potelets empêchent les automobilistes de se garer sur le trottoir.
La résidence ne possède pas de parking. Mais un accès a été laissé devant le portail, ce qui rend possible un stationnement de courte durée sur le trottoir, une solution que suggère Jonnhy Dunal. La réponse ne satisfait pas Laurent, vu le temps nécessaire à sa tante pour descendre et sa crainte d’un PV. « Qu’ils enlèvent quelques places OK mais ils auraient pu en laisser quelques-unes. Il y avait déjà un large trottoir de l’autre côté de la rue. » Des places qui par ailleurs, observe-t-il, étaient payantes. Tous ces aménagements, répond le maire de quartier qui a orchestré le réaménagement de la Grand-Rue-Saint-Michel, visent « à améliorer la qualité de vie, la sécurité et la fluidité des déplacements pour l’ensemble des habitants. »