Retraits d’argent 2026 : le tournant qui arrive
Un DAB fermé, un autre à plusieurs kilomètres, la file d’attente
qui s’allonge : la scène devient familière. La France compte chaque
année moins de distributeurs automatiques, surtout hors des centres
urbains. Les banques jugent l’entretien coûteux, les paiements par
carte progressent. Résultat, accéder à ses billets demande plus
d’organisation. À l’horizon des retraits d’argent
2026, une nouvelle manière de retirer près de chez soi se
dessine.
Pourtant, le cash reste bien présent dans le quotidien. Selon la
cartographie des moyens de paiement, les Français ont réglé 19 % de
leurs dépenses courantes en espèces en 2024, contre 24 % en 2019 et
33 % en 2012. Les pouvoirs publics et le secteur bancaire revoient
donc l’accès au liquide. Une bascule s’annonce, sans passer
forcément par le DAB.
Ce qui change en 2026 : cash in shop et ouverture des points
CB
Premier mouvement, l’ouverture plus large des points de retrait
installés chez des commerçants. Environ 27 418 points d’accès
« privatifs » existaient fin 2023, souvent réservés aux clients d’un
réseau. En 2026, des tests au 1er semestre, pilotés par le
GIE Cartes Bancaires, avec la Banque de
France, doivent accueillir tous les porteurs de carte,
quelle que soit leur banque. Crédit Agricole et La Banque Postale
figurent parmi les pionniers. Pour mémoire, on dénombrait 44 123
DAB en 2023.
Deuxième moteur, le cash in shop se généralise
: retrait autonome en caisse, sans obligation d’achat, via le
terminal de paiement. À distinguer du cashback, autorisé depuis
2018, qui impose un achat en même temps. Une proposition de loi
portée par Pierrick Courbon vise à relever le plafond de cashback
de 60 à 150 €. Côté européen, la future DSP3
pourrait permettre des retraits en magasin de 100 à 150 € sans
achat, avec une application attendue après 2026.
Retrait chez les commerçants : mode d’emploi et plafonds
Concrètement, on repère le logo « retrait d’espèces » à l’entrée
d’une boulangerie, d’un tabac, d’une supérette ou d’une pharmacie.
On indique le montant, on insère sa carte, on tape son code, et les
billets sont remis immédiatement. Service de proximité, pensé pour
les zones moins dotées et les petits besoins. À terme, environ 76 à
77 millions de cartes CB en circulation pourraient l’utiliser.
Attention aux limites. Le commerce fixe un plafond par opération
selon sa trésorerie disponible, souvent 20, 50 ou 100 €. S’ajoutent
les plafonds de votre carte (retraits et paiements cumulés sur 7 ou
30 jours) qui peuvent déclencher un refus. Le dispositif reste
volontaire : tous les magasins n’adhèrent pas, et la disponibilité
varie selon l’heure de la journée. Mieux vaut anticiper avant un
week-end ou un départ.
Frais, plafonds, ruralité : comment
éviter les mauvaises surprises ?
Côté coût, un retrait en magasin peut être gratuit quand il
transite par le réseau CB de votre banque. Des frais apparaissent
parfois hors réseau, ou chez certaines banques en ligne. On vérifie
dans la brochure tarifaire ou l’app la ligne « retrait d’espèces
chez un commerçant », puis on contrôle son relevé. Au guichet,
demander le ticket facilite le suivi, surtout si l’on multiplie de
petites opérations.
Pour ne pas se retrouver à sec en zone rurale, prévoir un
retrait plus important lors d’un passage en ville, cartographier
deux commerces partenaires à proximité, viser des horaires où la
caisse est alimentée. Les expérimentations de 2026 démarrent avant
une montée en charge progressive, sans achat et sans distinction de
banque. Tester un petit montant dès l’ouverture du service permet
d’ajuster ses plafonds et d’éviter les surprises.