Publié le
29 déc. 2025 à 20h16
Jean-Louis Heurtin, né en 1836 à Chantenay et fils de Charles Heurtin, né à Haute-Goulaine en 1789, a eu une vie bien mouvementée. Après une carrière dans la marine (mousse, novice, il est mobilisé dans la Royale), nous le retrouvons à l’île de la Réunion en 1862, où il se marie en juin. Fin 1870, avec son épouse, ses trois enfants et quatre employés, il débarque sur l’île Amsterdam, terre qu’il souhaite mettre en culture et sur laquelle il souhaite entamer une activité d’élevage, avec les quelques animaux qu’il avait emporté avec lui. Mais déçus, ils quittent l’île en août 1871.
Présence d’une base scientifique
Située à 4 440 km au sud-est de Madagascar, et comparable en taille à Noirmoutier, cette île est soumise à un climat océanique tempéré, balayée par des vents constants et parfois violents, et exposée à des précipitations fréquentes en hiver.
La seule présence humaine y est assurée par une base scientifique, établie en 1949.
Depuis 2006, l’île fait partie de la réserve naturelle nationale des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), un sanctuaire de biodiversité inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Que sont devenus les bovins ?
En abandonnant les cinq ou six bovins, Jean Louis Heurtin, descendant d’une famille du Vignoble nantais, ne se doutait pas qu’ils puissent survivre, mais également prospérer, jusqu’à atteindre plus de 2 000 animaux en quelques décennies.
Des études menées en 1992 et 2006 montrent que ces animaux « se sont adaptés à leur environnement ».
Les empreintes, laissées par la sélection naturelle, détectées dans le génome de ces animaux, montrent que les gènes retrouvés dans le système nerveux ont joué un rôle primordial dans l’adaptation de ces bovins, dans un environnement hostile.
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En dépit de son intérêt scientifique, la population bovine de l’île a été entièrement abattue de manière précipitée en 2010, année internationale de la biodiversité sauvage (faune et flore naturelles) et domestique, sans qu’aucun échantillon biologique ne soit prélevé à cette occasion.
Les vaches demeuraient perçues par certains « comme une menace majeure pour l’écosystème insulaire, par le piétinement, le surpâturage », et en particulier pour deux espèces endémiques : l’arbuste Phylica arborea et l’albatros d’Amsterdam.
Un incendie a touché l’île en janvier 2025
Les services rendus par le troupeau tels que le débroussaillage et le maintien d’une zone pare-feu de la base scientifique, bien connus de l’administration, n’ont pas davantage été pris en compte.
Ces rôles, jadis essentiels dans la prévention des incendies, sont malheureusement remis au premier plan au début de 2025.
Un vaste incendie s’est déclaré le 15 janvier 2025 ayant endommagé 55 % de sa surface.
L’ensemble du personnel présent sur l’Île a été évacué.
Si le troupeau, existant avant 2010, avait été présent jusqu’à ce jour, cet incendie se serait-il produit ? Nul le saura.
Mais certains scientifiques tenaient à défendre la biodiversité domestique, souvent mal considérée et donc négligée par rapport à la biodiversité sauvage.
Jean Louis Heurtin, en mettant un pied pour la première fois fin 1870 sur l’île Amsterdam, avec ses vaches, était loin de se douter des conséquences de son expédition.
Gilles Heurtin de l’association généalogique vertavienne et Association Forum, Histoire, Patrimoine et Traditions en Pays du Vignoble nantais : www.forumvignoblenantais.org
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