Des promesses en matière « d’efficience administrative, de relation aux citoyens, ou d’action territoriale » qui ne vont pas sans leur contingent d’inconnues : « biais algorithmiques, atteintes à la vie privée, impact énergétique fort, risque de fractures territoriales et sur la démocratie », auxquels s’ajoute « la dépendance numérique aux Gafam [géants du net] des pays européens ».

« Cadre éthique »

L’exposé paraît très généraliste, le constat des pratiques est terre à terre : « 30 % de nos agents utilisent Chat GPT alors qu’on leur a demandé de ne pas le faire », a révélé Delphine Jamet, au cours du débat métropolitain, le 5 décembre, « en intégrant des documents administratifs pas forcément validés pour les résumer, les amender, les améliorer ». Et cette élue de la Ville de Bordeaux, par ailleurs archiviste de métier, d’observer : « Tout document et toute donnée publique constituent des archives. Et on met ça dans Chat GPT. On donne tout notre bien commun aux Gafam pour qu’ils soient encore plus performants. »

« On donne tout notre bien commun aux Gafam pour qu’ils soient encore plus performants »

D’où la nécessité d’un « cadre éthique et responsable » qui passe notamment par un usage strict de l’IA, en proscrivant non seulement « la surveillance individuelle » ou « la reconnaissance biométrique » mais aussi « les décisions entièrement automatisées sans intervention humaine » ou encore des mécanismes de notation sociale. Mais il s’agit aussi de saisir « les opportunités » de l’IA, à travers « le soutien à l’analyse de décision » au sein des services de Bordeaux Métropole, ou une offre de parcours « plus accessibles » pour les citoyens en demande.

« Totalement illusoire »

Président du groupe d’opposition des élus de droite et de centre droit, Patrick Bobet salue « une attitude plus positive, plus constructive, plus pragmatique » qu’une levée de boucliers : « L’IA peut et doit être un outil de modernisation du service public. Il faut conjuguer éthique, innovation et souveraineté. » Il appelle de ses vœux la formation d’un territoire pilote en la matière, fort de ses écoles d’ingénieurs et autres laboratoires. « C’est le pari que nous faisons. »