Les bûches s’enchaînent, le tas de bois fond à vue d’œil et la
facture grimpe, même si vous avez choisi le chauffage au bois pour
faire des économies. Beaucoup de foyers se retrouvent dans cette
situation, surtout depuis la flambée générale des coûts de
l’énergie. Pourtant, certains parviennent à garder une maison bien
chauffée tout en consommant nettement moins de bois, sans passer au
tout électrique ni au fioul.
En 2025, les règles se resserrent autour du chauffage au
bois : la norme Ecodesign 2022 a déjà fait disparaître les
foyers ouverts des constructions neuves depuis le 1er janvier 2023,
ces foyers étant jugés très polluants, et les aides MaPrimeRénov’
pour les équipements bois ont été réduites de 30 %. Dans ce
contexte où chaque bûche compte, un appareil encore méconnu, le
poêle de masse, s’impose comme une piste sérieuse
pour l’hiver prochain.
Pourquoi votre chauffage au bois brûle plus de bûches que
nécessaire
Une grande partie des installations existantes repose encore sur
des inserts vieillissants, des poêles mal dimensionnés ou des
cheminées à foyer ouvert. Or la norme européenne Ecodesign 2022
rend les nouveaux appareils beaucoup plus performants, avec un
meilleur rendement énergétique et moins d’émissions de particules
fines. Un vieux foyer mal réglé brûle énormément de combustible
pour peu de chaleur utile, tout en encrassant plus vite le
conduit.
Un guide travaux spécialisé explique que l’emploi d’un
combustible de mauvaise qualité encrasse plus vite l’appareil, émet
davantage de substances polluantes et réduit le rendement. Un bois
bien sec, avec un taux d’humidité inférieur à 20 %, stocké deux ans
dans un endroit ventilé, offrira au contraire plus de chaleur pour
la même quantité. Sans isolation correcte ni bonne ventilation, une
grande partie de cette chaleur s’échappe dehors, même avec une
bonne technique d’allumage par le haut.
Poêle de masse : l’astuce méconnue pour réduire de moitié le
bois
Le poêle de masse, ou poêle à restitution lente, repose sur un
principe simple : une grosse enveloppe en pierre, brique ou béton
réfractaire emmagasine la chaleur d’une flambée très vive, pendant
une à deux heures. Cette masse la restitue ensuite doucement
pendant jusqu’à vingt-quatre heures, parfois plus en mi-saison. Là
où un poêle classique réclame plusieurs recharges dans la journée,
un seul feu bien conduit suffit souvent.
Cette technologie peut réduire votre consommation de
bois de 50 % ou plus par rapport à un poêle classique,
tout en assurant une chaleur constante. La combustion à haute
température limite les émissions de particules fines, l’appareil
s’encrasse moins vite et l’entretien se fait plus léger. Moins de
rechargements, moins de cendres, et surtout un confort qui ne
dépend plus d’un feu qui s’éteint dès que l’on quitte la
maison.
Que faire si le poêle de masse n’est
pas possible chez vous
Tout le monde ne peut pas installer un poêle de
masse : ces appareils pèsent plusieurs tonnes, prennent de
la place au centre de la pièce et exigent une structure porteuse
adaptée. L’investissement reste aussi plus élevé qu’un poêle
classique, alors que MaPrimeRénov’ pour le
chauffage au bois a été réduite de 30 % au 1er janvier 2025, la
prime pour un poêle à granulés passant par exemple de 1 000 € à 750
€ pour un ménage aux revenus intermédiaires. Pour les revenus très
modestes, elle passe de 1 800 € à 1 250 €.
Si l’installation d’un tel appareil reste hors de portée, il
reste possible de faire baisser la quantité de bûches brûlées grâce
à quelques leviers simples. Un poêle à double combustion ou un
insert moderne améliorent déjà nettement le rendement, surtout dans
une ancienne cheminée ouverte, et les aides MaPrimeRénov’ peuvent
encore se cumuler avec les certificats d’économie d’énergie,
l’éco-prêt à taux zéro et la TVA réduite à 5,5 %, à condition de
passer par un artisan RGE.