Il apparaît pourtant que cette lecture résiste de moins en moins à l’examen sur le terrain, note Forbes.
25 % pour la poursuite des combats
Bien sûr, évaluer l’opinion publique en Russie est un exercice délicat, tant le durcissement autoritaire du régime pèse sur les instituts de sondage et les personnes interrogées. Même le Centre Levada, référence en la matière, opère dans un cadre étroit, balisé par des lignes rouges informelles fixées par le Kremlin. Dans ces conditions, chaque publication est scrutée avec attention : si elle voit le jour, c’est qu’elle reflète des opinions suffisamment répandues dans les cercles du pouvoir pour ne pas être ignorées, y compris au sommet de l’État.
Les résultats d’un sondage national mené à la mi-décembre auprès d’environ 1 600 personnes dessinent un paysage contrasté. Le soutien aux forces armées russes demeure élevé, atteignant 73 % selon Levada, malgré les méthodes de guerre brutales et les destructions massives observées en Ukraine. Vladimir Poutine conserve également une assise personnelle solide : 52 % des Russes interrogés disent encore approuver son action dans la conduite du conflit. Des chiffres traduisent la persistance d’une loyauté institutionnelle.
Mais plus important : le Centre Levada indique que seuls 25 % des répondants souhaitent la poursuite des hostilités plutôt qu’un règlement négocié, un niveau historiquement bas depuis le début de l’invasion. À l’inverse, 66 % des personnes interrogées se disent désormais favorables à l’ouverture immédiate de négociations de paix, signe d’un basculement progressif des attentes face à une guerre devenue longue, éprouvante et sans horizon clairement défini.
Le conflit pèse financièrement sur les Russes
En parallèle, un autre mouvement voit le jour. À mesure que les sanctions occidentales pèsent sur l’économie, que l’inflation rogne le pouvoir d’achat et que les pertes humaines s’accumulent, une part croissante de la population semble réévaluer le rapport coût-bénéfice de l’intervention militaire. Sans contester frontalement le pouvoir, de nombreux Russes expriment une fatigue face à un conflit dont les promesses initiales de gains rapides et décisifs se sont dissipées.
La pression extérieure joue ici un rôle central. Un affaiblissement perçu de la détermination occidentale pourrait renforcer la posture du pouvoir russe et marginaliser les voix favorables à une désescalade. À l’inverse, le maintien de sanctions et d’un soutien appuyé à l’Ukraine rend plus visibles, pour la population russe, les coûts concrets de l’aventure militaire, accentuant les doutes déjà présents. Dans un système politique où l’opinion publique ne détermine pas directement les choix stratégiques, cette érosion n’en demeure pas moins significative.
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