Si le final de Pluribus vient de laisser les abonnés d’Apple TV+ en état de choc, les réalisateurs et scénaristes du dernier épisode de la série ont révélé que le destin de Carol Sturka (Rhea Seehorn) a failli être complètement différent.
ATTENTION SPOILERS !!!!
Vince Gilligan est enfin revenu à ses premières amours, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le bougre n’a pas perdu la main. Après avoir disséqué la chimie du crime dans Breaking Bad et les déboires d’un avocat véreux dans Better Call Saul, le showrunner a retrouvé le genre qui l’a révélé : la science-fiction. Ancien pilier de The X-Files, Gilligan a prouvé avec Pluribus qu’il reste le patron quand il s’agit d’instaurer une paranoïa et un malaise existentiel qui scotchent littéralement à l’écran.
Et quel coup de maître. Pluribus s’impose sans forcer comme l’une des meilleures séries de l’année 2025, nous retournant le cerveau à plusieurs reprises. Entre le twist fou de l’épisode 5 et le clin d’œil génial à la série culte The Twilight Zone, la série nous a menés par le bout du nez jusqu’à un final hallucinant. Mais cette conclusion a failli être beaucoup plus sage et, disons-le, nettement moins jouissive que cette déclaration de guerre totale.

« Elle est revenue, elle est là… La solituuuuude »E pluribus unum
Le dernier épisode de la saison, intitulé « La chica o el mundo » (La fille ou le monde), met les nerfs de Carol à rude épreuve dès l’arrivée de Manousos (Carlos-Manuel Vesga). Ce dernier, armé d’une application de traduction, révèle son intention d’éradiquer « les Autres » si la Fusion ne peut être annulée, avant de transformer la maison de Carol en labo de fortune. Pour tester une fréquence radio capable de briser le lien collectif, il déclenche délibérément une crise de convulsions mondiale, forçant Carol à le stopper sous la menace d’un fusil.
Carol part ensuite pour une errance de deux semaines avec Zosia (Karolina Wydra), découvrant que l’immunité n’est pas définitive. Au Pérou, une adolescente a rejoint volontairement les rangs des Autres. C’est là que tombe le couperet, Zosia révélant que le collectif utilise les ovules congelés de Carol pour finaliser un virus personnalisé capable de l’assimiler de force dans un mois. Se sentant profondément trahie, Carol change de stratégie et se fait ramener chez elle, accompagnée d’une caisse contenant une bombe atomique, prête à prêter main-forte à Manousos.

Calm like a BombLa Vie des Autres
Interrogés par Variety, le réalisateur Gordon Smith, la scénariste Alison Tatlock et Vince Gilligan ont expliqué que la série aurait pu se terminer sur une note bien plus ambiguë. L’idée de la bombe atomique, pourtant teasée dès l’épisode 3 comme un caprice possible de Carol, n’a été réinjectée dans le script qu’à la toute dernière minute, seulement un ou deux jours avant le début du tournage de cet épisode final.
Gordon Smith : «[La fin] était similaire, mais plus subtile. Carol forgeait secrètement un pacte avec Manousos, lui glissait un mot et allait peut-être jouer les agents doubles. Il n’y avait pas cette volonté de planter un drapeau en disant : « Non, je ne peux pas faire ça. Cette relation avec les Autres ne peut pas continuer ».»
Vince Gilligan : « Bien que la bombe atomique ne faisait pas partie [de cette autre fin], ce n’était pas une guerre ouverte non plus. L’idée était plutôt : « Je vais continuer à être un agent double ». C’était secret. Avant même de recevoir la note [du studio], on s’est demandé si c’était la manière la plus satisfaisante de conclure. »

Bénis soient les intolérants au lactose
Une fin qui aurait sans doute été moins marquante, et autrement moins efficace et jubilatoire donc. La saison 1 de Pluribus est disponible en intégralité sur Apple TV+, et on ne saurait trop vous conseiller de rattraper ce petit bijou de tension si vous avez raté le coche.
Une saison 2 de la série a déjà été officiellement validée par la plateforme à la pomme. En revanche, aucune date de sortie n’a encore été communiquée, nous laissant avec l’image mentale de Carol et de son nouveau joujou nucléaire pour un bon moment encore.