1 Un solde naturel positif, exception régionale

Sans surprise et avec exactement 1 690 493 habitants recensés, la Gironde…

1 Un solde naturel positif, exception régionale

Sans surprise et avec exactement 1 690 493 habitants recensés, la Gironde reste le département le plus peuplé de Nouvelle-Aquitaine, regroupant plus du quart de ses habitants. Une région elle-même en croissance, la troisième la plus peuplée de France avec 6 150 451 habitants (+ 0,54 %).

Entre 2017 et 2023, la population du département a augmenté de 1,1 % par an en moyenne, soit 17 900 habitants supplémentaires, ce qui n’est pas sans poser, on le sait aussi, de gros soucis de logement et de mobilités. C’est un peu moins spectaculaire que pour la période précédente (1,3 % de 2016 à 2022) mais la dynamique reste la même.

Dans une région elle-même attractive, la Gironde est un aimant puissant, comme le montre son solide solde migratoire (la différence entre départs et arrivées sur le territoire) qui s’élève à 0,92 % et reste le véritable carburant de sa démographie.

Mais alors que le déficit naturel de Nouvelle-Aquitaine se creuse (13 700 personnes en moins par an en moyenne), le département est le seul de la région où l’on naît plus qu’on meurt. L’exception girondine.

2 Bordeaux Métropole, une locomotive qui ne ralentit pas

L’analyse plus fine des chiffres par commune confirme une concentration massive de la croissance autour de l’agglomération bordelaise. La ville de Bordeaux reste, de loin, la plus peuplée avec 267 991 habitants, affichant une progression spectaculaire de 13 555 habitants depuis 2017.

Derrière la locomotive, les wagons Mérignac (78 090 habitants, + 7 985) et Pessac (67 339 et + 3 531) restent solidement accrochés. Mais la poussée la plus remarquable est à mettre au crédit de Villenave-d’Ornon qui a attiré 8 455 administrés en six ans, soit une progression de près de 25 % !

La rocade bordelaise du côté de Villenave-d’Ornon, qui a gagné 25 % d’habitants entre 2017 et 2023.

La rocade bordelaise du côté de Villenave-d’Ornon, qui a gagné 25 % d’habitants entre 2017 et 2023.

Archives Thierry David / SO

Toujours dans la métropole bordelaise, Talence (+ 3 732) et Bègles (+ 3 230) complètent le tableau d’une agglomération toujours plus peuplée et cœur battant de la vitalité départementale.

Hors de la région bordelaise, d’autres villes maintiennent une dynamique positive, comme La Teste-de-Buch (+ 1 488 habitants), huitième ville de Gironde en nombre d’habitants derrière les métropolitaines, ou plusieurs communes du Médoc.

Plus surprenant, alors qu’à peu près partout les communes littorales gagnent des habitants, Lège-Cap-Ferret est celle qui en perd le plus en valeur absolue (- 500), après avoir doublé entre 1968 et 2017. Comme sa voisine du Bassin, Arcachon perd du monde mais dans une moindre mesure (- 197) et voit sa population vieillir.

Enfin, à l’est, mondialement connu et l’un des principaux pôles touristiques de Gironde, Saint-Émilion est la deuxième au classement des communes en baisse, en valeur (- 266), et la dixième en pourcentage (- 14,2).

3 Fracture territoriale confirmée

En y regardant d’encore plus près, l’infographie de l’évolution démographique du département montre une réalité plus nuancée. Si une large ceinture de communes à l’est du bassin d’Arcachon est en forte hausse, jusqu’à 30 % à Saint-Magne ou Lugos, d’autres secteurs sont plus à la peine démographiquement. Ils affichent une croissance faible, une stagnation ou une baisse de leur population.

Sur le même sujet


Médoc : la fracture nord-sud à l’épreuve de la coopération territoriale

Médoc : la fracture nord-sud à l’épreuve de la coopération territoriale

Démographie, emploi, logement, mobilité… Les données de l’Insee et du Parc naturel régional Médoc dressent un état des lieux socio-économique contrasté de la presqu’île, tandis que les élus amorcent un travail commun sur un schéma de mobilités à l’échelle du territoire, un premier pas collectif

C’est ainsi qu’une « Gironde à deux vitesses » se dessine clairement : d’un côté, une zone littorale ou périurbaine en pleine expansion, on l’a dit, et de l’autre des « poches » en difficulté démographiquement, comme dans l’est ou le sud-est du département où le solde migratoire ne suffit plus à compenser le déficit naturel de la population.