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La mobilisation agricole à Cazères a rassemblé ce mardi quatre syndicats pour protester contre les contraintes croissantes. Le blocage de l’A64 a notamment marqué cette action. Les agriculteurs dénoncent des mesures nuisibles à leur activité et à l’alimentation française.

Dermatose, Mercosur, accès à l’eau, contraintes administratives et réglementaires « toujours plus fortes »… Les revendications sont tellement diverses que chacun peut y trouver son compte.

Cette fois, c’est à Cazères – et en intersyndicale* – qu’a eu lieu la mobilisation, ce mardi 30 décembre. L’occasion de rassembler les agriculteurs des secteurs d’Aurignac, Saint-Gaudens, Aspet, Salies ou Lavelanet-de-Comminges.

« Oui on a beaucoup de revendications, c’est logique : ça fait dix ans qu’on se fait enfler » lance Maxime Raud (CR). « Mais aujourd’hui, on est là surtout pour marquer le coup, envoyer un message au gouvernement et mettre la pression sur l’État : on reste mobilisés, on reste ensemble. Et on a besoin de réponses. On le redira ce week-end et la semaine prochaine à Toulouse ».

Les ronds-points puis l’A64 bloqués

Incendies sur les ronds-points

Incendies sur les ronds-points
DDM – Marc Salvet

À Cazères, les manifestants sont arrivés petit à petit à partir de 9 h 30 sur l’aire de covoiturage – soudain trop petite pour un échange de cette taille. Ils se sont ainsi retrouvés une quinzaine de tracteurs, une douzaine de remorques et deux pelles, destinées à « ranger » les dépôts de pneus, paille, purin, branchages et autres déchets déposés par leurs collègues sur les deux ronds-points d’accès à l’autoroute.

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Après avoir incendié les stocks sur les ronds-points, provoquant une épaisse fumée noire, les manifestants ont mis à profit la fin de matinée pour bloquer partiellement la circulation.
Puis ils obtenaient de la préfecture l’autorisation d’accéder à l’autoroute, pour un blocage total de l’A64 dans le sens Tarbes-Toulouse (obligation pour les automobilistes de quitter l’autoroute) jusqu’en début d’après-midi.

« On veut tuer l’agriculture »

« Cette intersyndicale, ce n’est pas rien » commente Luc Mesbah (FDSEA), espérant que l’unité soit maintenue aussi longtemps que possible. « Mais ce n’est pas une surprise : il suffit de regarder les revenus des agriculteurs, ils sont catastrophiques ».

Syndicats et agriculteurs comptent sur le soutien de la population : ce mardi il s’est manifesté par des coups de klaxons, des sourires, des échanges entre les agriculteurs et leurs soutiens.
« On nous empêche de produire, parfois avec des mesures aussi agressives qu’inefficaces » témoignent les manifestants.

« On veut tuer l’agriculture, rebondit Luc Mesbah. Mais attention, l’enjeu dépasse le simple sort des agriculteurs, c’est le modèle français de l’alimentation qui est mis à mal – et donc les consommateurs. Tous les consommateurs : il n’y a pas que la ruralité à sauver, les urbains aussi sont en danger ».

*Cette mobilisation unitaire regroupait la Coordination Rurale (CR), la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), les Jeunes Agriculteurs (JA) ainsi que la Confédération paysanne.