Ils étaient une quarantaine de tracteurs sur une parcelle de chaumes de maïs à Attainville (Val-d’Oise), lundi 29 décembre au soir. Dans la nuit, avec leurs véhicules éclairés, ils ont tracé une tour Eiffel, visible depuis le ciel. Une opération de communication visuelle organisée par la FDSEA Pays de France pour défendre « la souveraineté alimentaire française ».
« Il n’y a pas de vacances dans le monde agricole », souligne Édouard Seynhaeve, vice-président de la FDSEA Pays de France. Le rassemblement, auquel ont participé une vingtaine d’exploitants agricoles du Vexin, visait à exprimer l’inquiétude des agriculteurs concernant l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur (zone de libre-échange sud-américaine). La France et L’Italie ont en effet demandé le report de son entrée en application mais, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est dite « confiante » sur la possibilité de signer l’accord en janvier.
« Il y a aussi la taxation des engrais azotés », ajoute Édouard Seynhaeve. À compter du 1er janvier 2026, les engrais provenant des pays hors de l’Union européenne seront soumis à une taxation carbone. Il pointe aussi la « baisse des aides de la Politique agricole commune (PAC) européenne ». « On parle de 20 à 30 % de diminution », souligne-t-il.
Problème, en parallèle, les coûts de production sont en hausse ces dernières années. « Le gazole, ça coûte une fortune aujourd’hui, pointe Nicolas Richaudeau, arboriculteur à Attainville. Les intrants sont aussi très chers. On n’est plus compétitif par rapport à d’autres marchés comme l’Afrique du Sud. »
Ils évoquent aussi les problèmes d’urbanisme dans la Plaine de France. « C’est un territoire où il y a beaucoup de sites classés et protégés. On ne peut plus construire », déplore Alexia Seynhaeve. « Aujourd’hui si on veut développer la culture du lin par exemple, on ne va pas avoir de bâtiment pour le stocker », abonde son mari, Édouard Seynhaeve.
Le rassemblement avait enfin pour but de s’adresser aux élus du territoire − dont une vingtaine d’entre eux étaient présents ainsi que le préfet du Val-d’Oise − à la veille des élections municipales.