Depuis le 22 décembre, un conflit social oppose le prestataire chargé de la collecte des déchets à une partie de ses salariés, mobilisés pour de meilleures rémunérations. La métropole européenne de Lille appelle à une reprise rapide du service, tandis que les négociations restent au point mort.
La collecte des déchets est perturbée dans une large partie de la métropole lilloise par un bras de fer entre le prestataire chargé de cette tâche et ses employés en grève depuis une semaine pour réclamer de meilleures rémunérations. Depuis le 22 décembre, la majorité des employés de l’entreprise en charge de la collecte des déchets dans 52 des 95 communes de la métropole européenne de Lille (MEL) sont en grève illimitée, faute d’un accord avec la direction sur le montant d’une prime de pénibilité.
En conséquence, les déchets de près de 500.000 personnes n’ont pas pu être ramassés en pleine période de fêtes et des poubelles s’amoncellent dans certaines rues, selon la MEL. «Depuis le début du conflit, seulement 20% des tournées ont été assurées» a déploré la MEL dans un communiqué rendu public lundi soir, appelant à une reprise du service «dans les meilleurs délais». La collectivité invite les habitants qui le peuvent à garder les emballages volumineux ou à déposer des ordures en déchetterie.
Une «escalade inacceptable»
Le 23 décembre, le taux de grévistes s’élevait à 65%, d’après Deverra, l’entreprise du groupe Pizzorno Environnement qui assure la collecte des déchets d’une large partie de la métropole. La CGT assure que 95% des salariés étaient grévistes lundi, jour où les protestataires ont bloqué le dépôt à l’aube. Deverra a dénoncé un «blocage illégal» et une «escalade inacceptable».
Selon la CGT, les grévistes déplorent une détérioration de leurs conditions de travail et réclament une augmentation de salaire de 3% et une prime de 600 euros, alors que Deverra a consenti à leur en accorder 100. Le dialogue social s’est tendu et ils reprochent désormais à leur employeur d’avoir fait appel à des salariés venus d’autres régions pour les remplacer. Une «organisation temporaire, mise en place uniquement pour limiter les perturbations pour les usagers» et qui est «parfaitement légale», assure Deverra dans un communiqué.