Onze ans après la disparition du vol MH370 de Malaysia Airlines,
les recherches du vol MH370 reprennent ce mardi 30
décembre 2025 dans l’océan Indien. Une nouvelle campagne en eaux
profondes, dotée de moyens technologiques inédits, doit tenter de
retrouver l’épave et les boîtes noires de l’appareil parti de Kuala
Lumpur pour Pékin avec 239 personnes à bord, dont quatre
Français.
Le gouvernement malaisien a confié cette mission à la société
privée Ocean Infinity, déjà engagée dans des
recherches en 2018. Présentée comme le « dernier espoir » dans une
zone réduite d’environ 15.000 km² au sud-est de l’océan Indien,
cette opération suscite pourtant une vive défiance chez certains
proches de victimes. L’un d’eux parle même de « manipulation ».
Reprises des recherches du vol MH370 dans l’océan Indien
Pendant 55 jours, jusqu’au 21 février 2026, les navires
d’Ocean Infinity vont quadriller une zone profonde
de 3.000 à 4.000 mètres, située le long du fameux « 7e arc », calculé
à partir des derniers signaux satellites du Boeing. L’entreprise
déploie des drones et sous-marins autonomes capables de descendre
jusqu’à 6.000 mètres, dotés d’une centaine d’heures d’autonomie et
de sonars de dernière génération.
Le contrat passé avec Kuala Lumpur suit le principe « no cure, no
fee » : la société ne sera payée qu’en cas de découverte de l’épave,
jusqu’à 70 millions de dollars, soit environ 64 millions d’euros.
Après plus de 120.000 km² déjà fouillés par différents opérateurs
depuis 2014, autorités et experts traditionnels voient dans cette
campagne une chance réelle, mais sans garantie, de lever enfin le
mystère.
Pourquoi Ghyslain Wattrelos parle de manipulation
Pour le Français Ghyslain Wattrelos, qui a
perdu sa femme et ses deux enfants dans le MH370, ce discours ne
tient pas. « C’est bien qu’on en reparle, mais en ce qui concerne
ces recherches-là, je n’y crois pas parce qu’encore une fois, on
cherche à l’endroit où l’avion n’est pas tombé donc on ne trouvera
rien », affirme-t-il. Il ajoute : « On est toujours dans la
manipulation, dans le, je fais semblant de chercher. Pour moi, on
ne cherche pas au bon endroit. Océan Infinity, c’est une société
privée qui cherche des trésors ».
Ce père de famille, engagé depuis onze ans dans une bataille
judiciaire en France, voit dans cette nouvelle mission un coup de
projecteur plus qu’une véritable enquête. Il estime que l’avion n’a
jamais fait demi-tour vers le sud de l’océan
Indien et que le scénario officiel ne tient pas. Selon
lui, « Pour moi, l’avion a fini sa course au départ en mer de Chine
avec ses 227 passagers. Il n’y a pas eu de demi-tour. Quelque chose
ou quelqu’un ne devait pas arriver à Pékin, donc il a été
éliminé ».
Inmarsat, enquête française et zones
d’ombre persistantes
Au cœur de ses critiques, la société britannique
Inmarsat, dont les « pings » satellites ont servi à
tracer le 7e arc. « Tout semble depuis le début incohérent, il y a
une opacité folle », dénonce Ghyslain Wattrelos, qui regrette que
les données brutes n’aient jamais été rendues publiques : « Par ce
que toutes ces hypothèses aussi louables soient-elles se basent sur
des données fournies par la société Inmarsat. Et je ne crois
absolument pas à ces données ». Il rappelle aussi que des
instruments clés, comme certains hydrophones et le radar australien
JORN, étaient présentés comme « en panne » la nuit du drame.
Une information judiciaire pour acte de terrorisme reste ouverte
en France, les juges ayant relevé diverses incohérences, par
exemple autour d’un passager expert en aéronautique assis sous le
boîtier Satcom. Malgré cette enquête et la reprise des
recherches du vol MH370, Ghyslain Wattrelos dit ne
plus attendre la vérité des missions officielles : « Je suis
persuadé que les réponses viendront un jour d’une personne à la
retraite qui ne craindra plus de parler ».