Jusque dans les années 1950, la France possédait l’une des biodiversités les plus riches au monde, et parmi les plus diversifiées, le tout réparti sur un petit territoire. Mais une grande partie de cette vie animale et végétale a été dévastée en l’espace d’une cinquantaine d’années, particulièrement en métropole, mais également en outre-mer.

Notre alimentation et notre climat dépendent du monde vivant

En France, la prise de conscience de cet effondrement de la biodiversité est plutôt lente, mais commence à émerger. Sans une vie animale et végétale diversifiée, et en bonne santé, c’est tout notre système qui s’effondre : notre production alimentaire dépend d’un sol en bon état, rempli de vie microscopique, beaucoup de cultures dépendent des pollinisateurs (insectes, oiseaux, chauves-souris), nos mers et océans ont besoin de toutes les espèces marines pour que l’écosystème fonctionne, mais pas seulement : le climat dépend du vivant sur terre, de la végétation en particulier (qui elle-même dépend des animaux et des insectes), mais aussi de la mer (par le biais des organismes vivants qui la composent).


Le système climatique dépend du vivant sur terre et dans les océans. © Nuture, iStock

La nature a besoin de place pour se régénérer

Face à cette évidence, il est possible de mener des actions des conservation, en agissant pour la sauvegarde d’espèces en danger. Mais dans le cas d’un effondrement aussi massif de la biodiversité, comme c’est le cas en France, c’est un véritable « réensauvagement » qui s’impose. Il s’agit de la « restauration massive des écosystèmes endommagés par l’activité humaine » selon la définition des Nations unies. « Cela consiste à réserver de grandes zones pour que le monde naturel se régénère selon ses propres modalités. Cela nécessite parfois la réintroduction d’espèces essentielles qui ont peu à peu disparu dans une région particulière, telles que les castors, les loups ou les grands herbivores, qui contribuent à façonner des écosystèmes entiers ». Les grands prédateurs régulent les grands herbivores, et une population contrôlée d’herbivores a un impact favorable sur la végétation, laquelle influence directement la météo, et à plus long terme, le climat. 


Les prairies sauvages sont en voie de disparition alors qu’elles sont indispensables au fonctionnement de la nature et à la régulation du climat. © S.H.exclusiv, Adobe Stock

Sur notre Planète, tout est lié : le sol, la végétation, les animaux, la mer et l’atmosphère. Réparer l’une des composantes du système, par le biais du réensauvagement notamment, permet à toutes les autres de fonctionner.